19 septembre 2009
C'est fini...
Le chantier est fini.
Si, si!
Juste quelques bricoles à ranger, quelques gravats à porter à la décharge, un coup de peinture par-ci, un coup de balai par-là.
Voilà deux ans que je bricole, que je bidouille, il serait temps que je parvienne à quelque chose, je ne peux pas passer ma vie en chantier!!!
Alors voilà, maintenant, pour lire Fabeli, c'est
là et nulle part ailleurs.
14 septembre 2009
Voir Lauzerte et ...lire

- Bonjour, je cherche la place des Cornières, s'il vous plaît?
-En sortant vous prenez à gauche, puis tout de suite à droite et vous y êtes.
-Merci!
-Et vous venez d'où, si ce n'est pas indiscret?
-De Pau, dans les Pyrénées...
-De Pau??? Vous êtes venues de Pau pour le salon de "Place aux nouvelles"?????????????
Ben oui, ma petite dame, quand on aime, on ne compte pas ...les kilomètres.
280 qu'on en a fait, des kilomètres, ma copine et moi. On a bien écouté les conseils de madame GPS et on est arrivées, sur le coup des 11 heures à Lauzerte, charmante cité médiévale baignée d'un chaud soleil de fin d'été.

Nous voilà donc sur la fameuse place des Cornières.
Des arcades, des pierres blanches, une église, et sur les pavés, bravant le chaud soleil de cette fin de matinée, les auteurs.
Je suis toute émue à l'idée de voir, en chair et en os, des personnes que je fréquente virtuellement depuis quelques temps. Disons que je fréquente leurs blogs, petite souris visiteuse.
Il y a là Emanuelle Urien, Magali Duru, Georges Flipo (dont j'ai lu l'excellent recueil de nouvelles "Qui comme Ulysse")
Il y en a d'autres aussi, comme le très sympathique Manu Causse.
Et d'autres encore, que je ne connais pas mais qui n'en n'ont pas moins de talent.
Il y a surtout Françoise Guérin, qui a déjà eu la gentillesse d'accueillir mes mots sur son blog littérarire, "Mot compte double".
Je suis très heureuse de faire sa connaissance (c'est la première fois que je parle en vrai à une relation virtuelle!!!)
Elle est charmante, nous avons bavardé, elle m'a offert des figues, et m'a dédicacé son dernier recueil de nouvelles.
Dans l'après midi, nous avons participé à l'atelier d'écriture proposé par Françoise Guérin.
12 "écrivants" de tous âge, décidés à partager notre passion des mots.
J'ai eu le plaisir d'être assise en face d'Yvonne Oter, une charmante dame dont j'avais apprécié les textes publiés sur mot compte double. Je garde encore en mémoire sa "cour de récré"!
Les 280 kilomètres, il a bien fallu les refaire dans l'autre sens, mais nous avions alors dans la tête le souvenir des instants partagés sur la place des Cornières, et, dans nos sacs, la perspective de jolis moments de lecture.





12 septembre 2009
Balade...
Demain, je pars en ballade balade,
je vais faire le plein de nouvelles là.
Je vais voir Annie, Marcus, Françoise, Georges, Emmanuelle et bien d'autres encore...
Je vais faire des rencontres, caresser du papier, tourner des pages, respirer des mots...
Promis, à mon retour, je vous raconte!
08 septembre 2009
Renaissance
Elle est de nouveau à la même place, devant le rayon des accessoires de beauté. Emerveillée par la diversité des couleurs, des textures, elle ne se lasse pas de regarder, toucher, sentir. Boîtes, tubes, flacons, palettes. Poudre, crème, parfum. Elle redécouvre cet univers dédié au plaisir avec une joie quasi enfantine.
Il y a un an, une éternité, le corps médical renonçait pour elle au monde des vivants. « Phase terminale ». Couperet décisif et fatal. Quelques mots, rien de plus, déchiffrés sur les lèvres d’un médecin maladroit.
Puisque elle n’avait plus rien à perdre, elle a lancé toutes ses forces dans la bataille. Cette phase, elle a décidé qu’elle serait terminale pour la maladie et non pour sa vie.
A chaque larme de désespoir, elle a opposé un sourire. A chaque cri de douleur, un éclat de rire. Pour chaque bout de peau martyrisé, elle a donné une caresse.
Comme un naufragé qui déchire ses ongles sur le moindre bout de bois, elle a accroché son âme à chaque seconde de chaque minute. Elle a tissé les jours pour en faire des semaines puis des mois. Au rythme des rendez-vous médicaux, elle a projeté ses pensées un peu plus loin.
Le médecin maladroit n’a jamais rien su de sa maladresse. En bon professionnel il a dû noter le début de sa fin.
Elle se bat chaque jour pour qu’il n’en note jamais la fin.
06 septembre 2009
le carrefour
Moi, je pars au travail dans ma voiture confortable. Ma fenêtre est ouverte sur un peu d'air dans la moiteur orageuse. Je tripote les boutons de l'auto radio. Non, pas ça. Non, pas ça, non plus. Ah! Oui, ça!
Ça, c'est "Hôtel California", c'est toute ma jeunesse, les slows dans les boums, les premiers baisers, l'insouciance. Je monte le son pour sentir les vibrations de la guitare électrique dans les reins, comme autrefois.
Lui, il est debout au carrefour, naviguant d'un pas lent entre les voitures, sa casquette à la main. Je sais qu'il va demander. Je prépare déjà ma mine de circonstance, la tête qui fait "non" doublée d'un petit sourire désolé mais ferme. Je dis toujours non. Ce n'est pas possible de donner partout. Il y a des associations qui sont organisées, qui ont pignon sur rue. Donner quelques pièces, comme ça, pour qu'elles soient bues aussitôt, non.
Le feu est rouge, c'est sûr qu'il a déjà repéré ma fenêtre ouverte. Je n'ai quand même pas le culot de la fermer devant lui. Il s'approche, silencieux, sa bouche murmure, sa main se tend, je sors mon sourire, je secoue la tête. Non.
Alors je croise son regard. Un quart de seconde, je plonge dans son âme qu'il a laissé ouverte, comme ma fenêtre. Je n'entends plus les guitares. Je suis perdue dans le silence de sa détresse.
Le feu passe au vert. Démarrer. Une boule dans ma gorge, de l'eau dans mes yeux. J'ai dit non.
29 août 2009
Dis Fabeli, à quoi tu penses ?
Je voudrais ne penser à rien, mener une petit vie tranquille, sans à coups, sans histoire. Ça n’existe pas. Vivant c’est déjà une histoire. Il y a la chair, il y a le sang. Et la peau, les mains, les bouches qui se touchent. Il y a les yeux qui voient ou qui ne voient pas.
Une vie magma, une vie volcan. Qui fume, pète, balance des scories sur la gueule. Une vie en lave qui découle de nous, du dedans, du cœur, du ventre, du centre. Ça sort, ça brûle, ça fait peur. On ne peut pas faire autrement, on ne décide pas. C’est la mère, la terre qui décide pour nous. Fusion, explosion, éruption.
Je pense à moi, à mes petites douleurs intérieures qui font des bulles, qui bouillonnent. On ne les entend pas, on ne devine pas. Le volcan est endormi. On s’installe sur ses pentes, ce n’est pas grave, il est sage, il est fertile. On est bien, là, on est au chaud, à l’abri. Et puis le volcan va se réveiller. Ou peut-être pas. On joue à pile ou face. On ne joue que sa vie et rien d’autre. Ce n’est qu’une vie. Il y en a tant.
Je pense à toutes ces vies, à toutes ces morts qui s’empilent. Tranches napolitaines vie- mort- vie- mort- vie…et en haut, tout en haut, quelle sera la dernière tranche ?
25 août 2009
J.E.T.A.I.M.E
Je t'aime.
Trois mots hors du temps.
Trois mots fanés, usés, transparents.
Trois mots limpides, brillants, évidents.
Trois mots irremplaçables.
Je t'aime, trois mots pour surligner une seconde
Depuis le temps qu'on les dit, qu'on les souffle dans un murmure, qu'on les jette dans un cri.
Rien d'autre que ces trois mots là, sept petites lettres:
Je t'aime.
Je t'aime là, maintenant, tout de suite
Je t'aime pour toujours ou pour trois minutes
Je t'aime, sésame de tous les possibles
Je t'aime, chavirement magnifique de l'horizon
Je t'aime, cœur emporté, explosé, crucifié
Je t'aime, trois notes d'une musique éternelle
Je t'aime, trois couleurs pour un ciel de vie
Je t'aime avec mes yeux, ma bouche, mon sang
Je t'aime du bout des doigts, des lèvres, de la langue
Je t'aime en tout, en entier, enfin
Je t'aime le jour, la nuit, entre les deux aussi
Je t'aime en plumes, en perles, en douceur
Je t'aime en brûlure, en déchirure, en douleur
Je t'aime et je ne t'aime plus et je t'aime encore
Je t'aime malgré moi, malgré toi, au-delà de nous
Je t'aime en creux, en vide, en gouffre
Je t'aime et j'ai peur, je crie, je pleure
Je t'aime et je prie, j'implore, je subis
Je t'aime pour un mot, un geste, une odeur
Je t'aime pour rien, pas bien, si mal
Je t'aime et je le dis
Je t'aime et je me tais
Je t'aime et tu m'entends
Je t'aime et tu t'en vas
Je t'aime et je te regarde
Je t'aime et tu ne me vois pas
Je t'aime
Trois mots caresse, trois mots prière, trois mots supplice.
Sept lettres pour lier le monde.
Fabienne mai 2009
22 août 2009
J'ai lu...
ça, c'était ma PAL au début de l'été. Ce qu'il en reste? Rien ou presque :seulement "l'écriture comme un couteau", d'Annie Erneau que je me garde pour plus tard.
Les autres sont lus! Et quelques uns de plus encore. Non, je ne me vante pas, ce n'est pas un exploit! C'est juste que j'avais le temps et l'envie de lire.
Mes préférés?
"Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur", de Harper Lee, personnages attachants, écriture fluide et classique pour un sujet toujours difficile (la haine raciale dans le sud des états unis dans les années 30). Je l'ai un peu rapproché de "Frankie Adams", de Carson mac Cullers, lu au mois de juin.
Bazin, bien sûr, et sa "vipère au poing" qui se dresse contre la haine maternelle. On est avec Brasse-Bouillon contre Folcoche, on ne peut pas faire autrement.
Et ma grande découverte de l'été : Philippe besson. J'ai commencé par "un homme accidentel", qui a éveillé ma curiosité. Même si j'ai eu un peu de mal à croire à l'intrigue, je n'ai pu résister aux accents de sincérité des passages sur le coup de foudre et le manque amoureux. J'ai lu ensuite "en l'absence des hommes".
Alors là, je suis restée baba, comme disait ma mère. Mon coeur a battu au rythme de cette histoire d'amour peu commune et pourtant universelle. Et ce style, si bien en accord avec la période évoquée (1ère guerre mondiale) et cette construction ou le narratuer s"adresse directement à ces interlocuteurs! Quelle émotion et quel plaisir m'ont procuré ce roman!!!
Quoi d'autre encore? Echenoz avec son "je m'en vais" , amusant et léger quoique un peu cynique! et quelques recueils de nouvelles des "Noires de Pau", un concours qui a lieu ici depuis plus de 10 ans.
Et vous? Qu'avez-vous lu cet été?
18 août 2009
Pause café....
...les commentaires.
16 août 2009
Souffler...
...les bougies du deuxième anniversaire du Chantier.
Regarder en arrière et mesurer le chemin parcouru.
Deux années à jouer avec les mots et à partager le résultat avec vous.
Deux années à poser des pierres pour baliser mon territoire.
Deux années à construire patiemment un univers intérieur.
Et maintenant? 
