chantier à lire

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28 janvier 2009

Il était temps

lapin_aliceQue celui qui ne s'est jamais plaint

de manquer de temps,

jette la première horloge...


Le temps qui court,celui qu'il fait,
Le temps qu'on perd et celui qu'on se donne,
Temps imparti mal réparti,
Tant de minutes farcies de secondes
Qui font une heure et puis une autre

Le temps se joue de tous nos tours
Il s'imagine être vainqueur
Quand au détour d'un quart de tour
On le rattrape, on le ceinture,
On l'apprivoise, on le domine

Il ne file plus dans l'air du temps,
Il est tranquille, il est charmant
Il sourit même de temps en temps

Alors, en deux temps trois mouvements
On se repose, on se détend

On peut bien dire maintenant
Qu'on a le temps, qu'on a le temps...


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25 janvier 2009

Petit bonheur complice

l_gumes_cuisine

C’est une fin d’après midi ou un début de soirée. L’heure du repas approche mais il reste encore quelques préparatifs. C’est l’hiver de préférence. A cause de la chaleur du four il y a de la buée aux fenêtres. On a mis le tablier, celui qui est peu seyant mais bien enveloppant. Parce que ça suffit de jouer les coquettes et de toujours se tâcher. Devant soi une planche, quelques légumes épluchés. Une soupe est en cours. La cocotte est sur le feu, on est tranquille. On sait que l’on n’a rien d’autre à faire que ce repas, un repas ordinaire, un repas de tous les jours. La radio joue ne sourdine quelque chose de léger, des flûtes, qui sont sans doute traversières, un piano. On écoute à peine.

Quand elle arrive avec sa question, on répond d’un air distrait. De quoi s’agit-il ? Un devoir de français ? Un mot d’anglais ? On fournit la réponse mais de toute évidence ça ne suffit pas. Les légumes sont coupés, il s’agit de les plonger dans l’eau bouillante. Elle a tourné la chaise dos au mur et s’est assise, croisant les mains autour de ses genoux. Il y a autre chose, on le sent bien. Ça commence par « dis, maman »

C’est un moment doux et chaud. Un instant de partage et de connivence. C’est un problème de fille ou une histoire de cœur. C’est important. On en parle, là, au milieu des odeurs et des bruits de cuisine. On se sent unies par un lien vital et souple à la fois. La soupe mijote à petits bouillons, elle embaume la maison. On aura le temps de faire un dessert. Elle est repartie dans sa chambre. Sur la joue, on garde la  trace émue d'un baiser.

fabienne novembre 2008

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21 janvier 2009

A l'encre de l'émotion

Faut-il pleurer pour bien écrire?
> Pleurer, rire, s'exaspérer...
> Sans aucun doute c'est le fait de pouvoir ressentir et de  le faire couler jusqu'au papier...écrire à l'encre de son coeur!" *

Le travail en atelier d'écriture révèle bien des surprises. On y va le coeur tout enrobé de la joie d'écrire, portant d'une main légère un joli cahier et son meilleur stylo.
Mais on y va aussi avec nos tripes, notre tête et son contenu, la pile des années entassées, nos albums photos intimes, notre sac d'émotions et de sensations, tout un fatras que l'on pensait invisible et qui soudain, à l'improviste, contamine l'encre du stylo et se répand sur la feuille.

Au hasard d'une consigne anodine, la digue se fissure, l'eau s'infiltre et vient mouiller les yeux.

Oui on se croit fort, on se croit capable de maintenir les barrières fermées et de ne songer qu'à amuser la galerie de nos jeux de mots ou trouvaille de style! (là, je parle surtout de moi, j'avoue qu'il est agréable à mon oreille le bruit de vos rires)
Et puis voilà, patatras, tout s'effondre et nous avec! Sortez les mouchoirs!!!
Mais qu'elle est belle, cette écriture de l'intime, ces mots qui nous ont échappé les uns après les autres dans ce qui semblait être au départ un jeu et qui devient sérieux. Ces pensées profondément enfouies, qu'on savait même pas qu'elles existaient, les voilà bazardées sur la feuille, sous nos yeux mouillés. Et quand, en plus, ces mots de chair partent à la rencontre de l'autre à travers la voix haute et trouvent un écho...
Ces moments là, quand le flux de l'émotion s'apaise, on est heureux de les avoir vécu et l'on se sent plus léger et plus riche à la fois.

*Mon amie de plume Béatrice a eu la gentillesse de me prêter ses mots pour illustrer mon propos.

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17 janvier 2009

Dis, Fabeli, à quoi tu penses ?

portrait_filles_1

En ce moment je pense beaucoup à mes filles.

L’aînée, vingt ans depuis quelques jours, une vie à venir, son sourire et ses larmes mêlés.
Vingt ans, elle s’éveille au monde, crée son quotidien, se démène, s’agite, s’empêtre parfois.
« Maman ? »
« Oui, je suis là, je suis encore là »
J’écoute, j’incite, je rassure. Je cache mes craintes sous une bonne humeur affectée. Et je me souviens de mes vingt ans, de mes angoisses, hésitations, incertitudes, et autres tâtonnements.

La cadette qui vient de fêter ses quinze ans.
Réunion de famille, bougies soufflées, cadeaux déballés.
Dans la forêt de l’adolescence elle avance en titubant, criant parfois au hasard pour se rassurer à l’écho de sa propre voix.
Et ce « Vous ne comprenez rien !» qui veut dire peut-être « vous comprenez trop bien ! »

Oh ! oui, je comprends. Je n’ai pas oublié les bouffées d’angoisse, les jambes qui faiblissent, cette langueur insurmontable qui voile de gris les jours et les semaines. Je n’ai pas oublié les "ressassements "pour un mot, une phrase, ceux que l’on n’a pas su dire et ceux que l’on a trop dits Et ce corps indomptable qui échappe au connu de l’enfance, ce reflet d’un « moi » que l’on ne connaît pas encore.

Je pense à vous, mes filles, depuis ce jour où, petites graines d’amour, vous avez ouvert mon cœur de mère.

Je pense à vous, mes filles, à toutes ces premières fois qui n’appartiennent qu’à nous.

Je pense à vous, mes filles, et aux millions de baisers qui nous unissent à jamais.

Fabienne 08.01.09

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14 janvier 2009

Funambule

Tu marches en équilibre au bord de son coeur.
Tu funambules de la pointe du pied sur le rebord de sa vie, tu n'as pas le droit à l'erreur.
Pas question de poser un pied à l'intérieur du cercle.
Tu te  débrouilles pour garder l'équilibre.
Ta place, elle est juste là, précisément là,
Et pas ailleurs, pas dans le quotidien, pas dans le courant, pas dans l'ordinaire.
Tu n'es qu'une ombre fragile, sensible au moindre souffle.
Parfois elle te rejoint sur le fil et vous marchez de concert,
Sur la pointe du coeur pour ne pas qu'ils vous entendent.
Vos voix se font murmures, vos mains se frôlent à perdre haleine.
Vous êtes invisibles, vos corps cachés dans l'ombre juste de l'amitié.
Et dans le désert de leur vigilance, une oasis lumineuse, l'empreinte de votre amour.

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10 janvier 2009

La bibliothèque

 

Elle est passée directement de la bibliothèque verte aux polars que lisait sa mère. Sans transition. Peut-être parce qu’elle n’osait pas ou ne savait pas choisir elle-même un livre. Il n’était plus question de côtoyer le Club des cinq ou Fantômette, elle avait treize ans, tout de même ! Le plus facile était donc de piocher dans la sélection de sa mère. Agatha Christie, Georges Simenon, James Hadley Chaze, Exbrayat…Elle avalait tout. Et elle entrait de plain-pied dans le monde des adultes. Finies les aventures d’adolescents juste turbulents, enquêteurs en herbes de mystères factices. Là, entre les lignes des collections de poches cornés ou des livres brochés mais fatigués, c’était la vraie vie. Avec de vrais gens, sournois, peureux, sordides. De vrais crimes, bêtes et méchants. Et des flics pas toujours réglos.
Avec Simenon, elle visitait le Paris populaire, celui qui hantait l’enfance de sa mère. Elle découvrait une faune haute en couleur, au rythme placide du commissaire Maigret. Avec Chaze, les bas-fonds d’une ville américaine n’avait plus de secrets. Et c’est bien à Hercule Poirot qu’elle doit ses premières notions de civilisation anglo-saxonne.

Elle a fini par être capable de choisir elle même un titre sur une étagère. Arpentant les allées de la bibliothèque municipale proche de son lycée, elle caressait des yeux les tranches prometteuses de centaines d’ouvrages. Elle gardait une prédilection pour le genre policier, quoiqu’elle répugnât à tomber dans l’ordinaire ou le superficiel. Il lui fallait une bonne intrigue, doublée d’une bonne étude de mœurs, des personnages que l’on pouvait saisir. Peu d’action, c’est inutile, mais une atmosphère, oui, une ambiance, un décor. Et surtout, pas de vulgarité.

Elle a eu sa période roman d’aventure ou historiques. Elle en est sortie pour s’orienter vers les biographies et les récits de voyages. Ce qu’elle préférait il n’y a pas si longtemps, c’était une bonne petite exploration au pôle nord. Des conditions extrêmes, des amitiés viriles, quelques chiens de traineau. Et du blizzard ! On se pelotonne sous sa couette, une tasse de thé fumant à portée de main. Dehors la pluie cingle les carreaux, c’est un vrai jour d’hiver, avec le vent qui maltraite la haie nue. Vas-y, Paul-Emile, je te suis !

Des livres, elle en a dévoré des centaines. Sans compter ceux qu’elle a relu, et relu encore. Des livres- évasion, des livres- monuments, des livres- sensation. Il y a eu des périodes maigres, où les guides d’éducation parentale avaient la priorité sur tout le reste. Il y a eu des périodes fastes, celles où elle découvrait un nouvel auteur. Il lui fallait alors lire l’intégralité de son œuvre. Une crise de boulimie en quelque sorte. De toutes façons, elle ne pouvait pas se passer de lire. Ce n’était pas envisageable. Le matin, dès le petit déjeuner, le soir, pour aller à la rencontre du sommeil, en voyage, à l’hôpital, sur la plage. Si on l’interrogeait sur son passe-temps préféré, elle répondait en quatre lettres : LIRE.

Mais un jour, ces quatre lettres ont été forcées de laisser la place à six autres lettres :ECRIRE. C’est venu d’un coup, c’est sorti de son ventre. Pas une tocade, du sérieux. Ça venait de la tripaille. Ça s’est faufilé par les poumons, entre les cordes vocales. Ça a jailli entre deux sanglots. A cause d’un bouquin. Une couverture bleue comme un ciel d’été, barrée d’un nuage de lettres blanches. « Vous êtes tous créatifs »
Il s’est posé dans ses mains au hasard d’une errance. Elle l’a lu. Elle l’a cru. Pourquoi pas ? Ce n’était pas impossible. Elle a écouté la voix du petit livre bleu. Elle a ouvert un cahier et elle a écrit. Des pages, des pages. Etonnée par cette abondance de mots, elle a cherché ce qu’elle pouvait bien en faire, a fini par trouver l’atelier. D’autres mots et d’autres visages.

Elle s’est peu à peu habituée à cette nouvelle partie d’elle- même. Elle lui a fait une place dans son corps et dans sa tête ; une place reconnue, une place visible. Il fallait bien que les autres comprennent. De page d’écriture en page de lecture, elle a cueilli de nouveaux livres, livres d’évidence, de certitude. Des livres lumières qui balisent aujourd’hui son chemin de vie.
Si chaque livre est une aventure, certains, plus que d’autres, permettent de franchir des frontières intérieures.

 

Fabienne Novembre 2008

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07 janvier 2009

Petit bonheur à sentir

volutesLe parfum

 On n’y pensait plus. On avait même enfermé cette histoire dans un coin de grenier mental plutôt sombre. Bouclé à double tour.
On marche dans la rue ou bien on patiente sagement dans la file d’attente. C’est égal, on a la tête dans le vague du quotidien.
Quand soudain le parfum vient cogner à la porte du souvenir. Il fait sauter les verrous. L’espace d’une respiration, on bascule dans une réalité oubliée. Une voix, un regard, une peau.
Tout est là, déballé au bord du cœur. On ferme à demi les yeux, on alentit le geste, on s’absente.
Mais déjà le parfum s’éloigne. On cherchera, nez au vent, un reste du passé.
C’est fini, tout est rangé. Le cœur tremble juste encore un peu.

fabienne novembre 2008

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01 janvier 2009

Sur le seuil..

278_porte_ouverte

La porte se referme doucement sur cette année 2008, et chacun peut faire son propre bilan.

Ce fût pour certains une année douce, tendre, joyeuse, gourmande

          et pour d'autres une année sombre, froide, cruelle...

                     et pour beaucoup d'entre nous un peu tout cela à la fois.

porte_2Mais de toutes façons la porte se referme inexorablement

pour laisser s'ouvrir celle de 2009.

Que sera cette nouvelle année? porte_6

En grande partie ce que nous en ferons...
que ce soit sur le plan collectif ou personnel.

porte_10

C'est le moment des bonnes résolutions, faciles ou difficiles à tenir...

Pour mon compte je n'en prendrai qu'une : Ecrire, encore et toujours, avancer sur ce chemin unique et intime que je trace jour après jour,

porte_5 franchir la porte qui  mène à ma sensibilité pour ensuite partager mes mots avec vous.


A tous, je vous souhaite
une bonne et heureuse année 2009
riche d'émotion et de partage

porte3

que les portes s'ouvrent pour vous
sur la douceur et la bienveillance,
sur la chaleur et l'amour.

Posté par fabeli à 07:07 - fabillets - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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