07 juin 2009
Dis Fabeli, t'as peur de quoi?
J'ai peur de rien. Pourquoi devrais-je avoir peur de quelque chose? Qu'y a-t-il à craindre dans cette vie? Quoi? La fin? Le bout du bout? Le dernier souffle?
Je suis comme tout le monde. Je redoute de pousser la dernière porte. Surtout que je n'ai pas cherché à imaginer qu'il y aurait un après. Quelque chose comme un jardin avec des fleurs, des parfums, des plaisirs. J'ai préféré croire qu'il n'y a rien d'autre que cette vie, ici, aujourd'hui additionné d'hier et d'un peu de demain.
J'ai peur de rien. J'ai bien compris que tout a une fin. Les roses effeuillées, les nuages de poussières, le jour comme la nuit. Tout finit et moi aussi. Au microscope, je verrais sans doute le début de la fin, le délitement des os, des cartilages, l'affaiblissement des fibres musculaires. Il y a bien des bricoles qui mettent la puce à l'oreille, la vue qui dégringole, la peau qui se détend, tirée vers le bas. On lutte, on s'efforce, on se maintient. Pas la peine d'en faire une histoire. Egalité pour tous. Personne n'y coupera, chacun son tour, billet aléatoire en main. Aujourd'hui, demain, un peu plus tard.
J'ai peur de rien, je vous dis. Tout est normal, l'ordre des choses, ainsi va le monde.
A la rigueur, un truc qui m'ennuie, me tarabuste. Ne pas être seule. Croiser une dernière fois un regard, peut-être même un sourire ou bien des larmes, je m'en fous, quelque chose d'humain. Avoir la certitude que rien n'a été vain.
Commentaires
Ah j'aime beaucoup la dernière phrase. Ne pas être seul, se rattacher à de l'humain.
bonsoir
"le coeur ne fait pas dans la dentelle."
Nous passons au coeur de l'espace et du temps.
Si l'horloge du temps pouvait se reposer...
Voici trois passages du "château de ma mère":
"le temps passe et il fait tourner la roue de la Vie comme l'eau celle des moulins"
"Telle est la vie des Hommes. Quelques joies effacées par d'inoubliables chagrins. Il n'est pas nécessaire de le dire aux enfants"
"Mais de l'autre côté du temps, il y avait depuis des années une très jeune femme brune qui serrait toujours sur son coeur fragile les roses rouges du Roi. Elle entendait les cris du garde et le souffle rauque du chien. Blême, tremblante et pour jamais inconsolable,, elle ne savait pas qu'elle était chez son fils"
Je veux croire qu'un jour, derrière la porte, j'entendrai les étoiles.
"Quelques joies effacées par d'inoubliables chagrins. Il n'est pas nécessaire de le dire aux enfants"
Pour ma part, je prèfère voir des chagrins effacés par d'innoubliables joies. Et je m'entête à le répéter à mes enfants.
Phil, quoi de plus terrible que de se retrouver seul à ce moment là.
Comment tu fais? Je veux dire... pour ne pas avoir peur?
Valérie, non j'ai pas peur, non j'ai pas peur, non j'ai pas peur, non j'ai pas peur, non j'ai pas peur, non j'ai pas peur, non j'ai pas peur
(méthode Coué)
Il me parle en ce moment, ce petit texte...!
Janeczka, je crois que c'est un sujet qui nous préoccupe tous, qu'on le veuille ou non, qu'on le montre ou non...
Je suis sur les routes et c'est bizarre...Moi , pour ce moment là...J'ai envie d'être seule! Je n'ai pas envie que les autres rencontrent en mon regard, peut-être, cet instant de panique.S'il existe.
Je suis déjà loin
sur le chemin de la vie, Fabeli. Et tous les soirs je me dis: c'est peut-être pour demain. Mais je suis sereine. Peu-être parce je crois à un prolongement ailleurs, sans savoir où, mais où tout est tellement beau!
Béa, tu es sur la route et déjà tu as passé la porte d'un cyber-café ;)???
J'espère que tout va bien pour toi.
Chacun imagine ce moment là à la lumière de son coeur et de son vécu. Et le déroulement de la vie nous donnera peut-être le temps de changer d'avis?
Lorraine, je suis sûre que ce doit être une source de réconfort.
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