24 juin 2009
Grande vadrouille
Perché sur le flanc de la colline qui surplombe le village, le nain observe le va et vient incessant au pied des remparts étonnamment fortifiés pour un si petit village. Il tente d'identifier les silhouettes encapuchonnées qui entrent et sortent, les bras chargés de sacs de toile. Le nain frissonne malgré le gilet de peau sombre qui couvre ses épaules. La nuit s'approche, elle couvre déjà les bords de la forêt qui s'étend au nord, vers les montagnes. Le nain hésite à quitter son poste d'observation pour descendre dans la plaine. Peut-être vaut-il mieux attendre le jour?
Le soir est tombé tout à fait. La jeune femme marche d'un pas rapide, elle paraît soucieuse. Elle est plutôt jolie, porte une tenue légère. A son épaule, se balance un sac en toile claire. Elle approche d'un grand bâtiment en pierre.
Un bruit soudain dans son dos, quelques éclats de pierrailles qui déboulent sur sa gauche. Le nain se couche derrière un buisson, ferme les yeux pour mieux disparaître. Une silhouette menue émerge de la nuit claire et s'avance. Le visage du nain exprime une grande surprise quand il reconnaît l'enfant qu'il a recueilli quelques temps plus tôt. Il sort de sa cachette, et d'une voix douce interpelle l'enfant. Celui-ci ne marque aucune surprise, comme s'il s'attendait à cette rencontre.
Les deux hommes sont assis dans une grande pièce qui ressemble à un laboratoire. Ils ont l'air très inquiet. Sur une table, des feuilles couvertes de plans, de chiffres, que les deux hommes lisent avec application. Ils parlent d'une grosse erreur, de tout refaire.
L'enfant invite le nain à l'accompagner et tous deux descendent vers les remparts. On distingue de mieux en mieux les hommes qui transportent des sacs en toile. Le nain interroge l'enfant et celui-ci explique qu'il s'agit des ouvriers de l'usine à texte. Le nain s'étonne de ne pas avoir entendu parler d'une telle usine et l'enfant le regarde sans répondre. Dans ses yeux une lueur étrange mais le nain ne la voit pas, occupé à observer l'entrée du village.
La jeune femme est entrée dans le bâtiment qui semble vide. Elle traverse plusieurs pièces sans hésiter mais on la sent inquiète de se trouver seule, elle sursaute au moindre bruit.
Le nain cherche à voir le visage des ouvriers qui passent non loin d'eux mais il fait trop sombre. L'enfant se dirige vers le poste de garde, il chuchote un mot de passe que le nain n'entend pas.
Les deux hommes sont en colère. Le plus grand tape sur la table en criant et dit qu'il en était sûr, que ça ne pouvait pas marcher.
Dans le village, le nain regarde autour de lui avec étonnement. Toutes les maisons sont identiques et sur une grande place se dresse un bâtiment massif et sans aucune fenêtre.
Dans une pièce sombre, la jeune femme s'avance lentement. Soudain, à la lueur de la lune, elle aperçoit une silhouette masculine penchée sur le sol. Elle s'arrête, hésite à faire demi-tour.
Sur la table du laboratoire le corps d'un homme allongé. Son visage est paisible, il semble dormir. Le haut de son crâne a été soigneusement découpé. Plusieurs fils et plaques métalliques apparaissent. Deux mains s'approchent et sectionnent les fils.
Le nain n'en croit pas ses yeux. Dans l'usine, des milliers livres sont entreposés mais leurs pages sont blanches. L'enfant le pousse vers un escalier sombre.
La jeune femme se met à hurler et allume la lumière.
Le nain se retourne, aperçoit une arme dans la main de l'enfant.
Les yeux de l'homme s'ouvrent brusquement, il sourit, se lève d'un bond et…
"Nicolas, arrête de zapper comme ça! C'est stupide! Choisis un programme et donne-moi cette télécommande!"
PS: en ce moment c'est moi qui zappe allègrement entre boulot (++), maison et enfants. J'écris quand je peux et j'ai un peu de mal à visiter régulièrement mes blogamis. J'espère que ce rythme infernal cessera bientôt...
Commentaires
ach so ! Je me demandais comment cela allait se terminer. C'est excellent.
Bravo!!!
Bravo!! Mimi la photo!
Phil, c'est bien une spécialité masculine de s'exciter sur la zapette, non?
;)
Gilles, merci :)
Je ne sais pas. Je ne suis pas accro de la télé, et la zapette reste sur le poste ! Sans doute suis-je quelque peu atypique, comme homme.
:-)
héhé !!
Moi aussi je me disais... mais où c'est t'y qu'elle nous balade comme ça ???
Superbe idée !!
Alain, c'est gentil de te laisser ballader comme ça!!!
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