29 juin 2009
A la vue, à la mort
Présentation de l'éditeur
Dans la banlieue sud de Paris, deux et bientôt trois crimes atroces sont commis selon un scénario énigmatique. Chaque fois, on retrouve la victime énucléée et vidée de son sang au cour d'une étrange mise en scène. Très vite, le commandant Lanester, profileur d'exception chargé de l'affaire, se heurte à la logique du criminel que tout le monde a surnommé Caïn : que signifie cet oeil noir peint au-dessus des corps mutilés ? Lanester est tellement épouvanté par ce qu'il découvre qu'il en perd littéralement la vue. Aidé de son second. Bazin, et d'un chauffeur de taxi providentiel et désœuvré, il continue pourtant l'enquête, à l'aveugle et à la barbe de ses supérieurs. Mais c'est dans un voyage éprouvant au cœur de sa propre nuit, que l'homme trouvera des réponses inespérées aux grandes questions de son existence.
J'ai beaucoup aimé ce polar de Françoise Guérin (animatrice, entre autre, du blog "Mot compte double")
Sur un fond classique en apparence, un tueur en série, une équipe de flics, cours après moi que je t'attrape, on découvre un héros très attachant, doté d'une belle humanité. A cause de son histoire personnelle, le commandant Eric Lanester perd un peu les pédales devant une histoire de crimes atroces. Non, pardon, ce ne sont pas les pédales, qu'il perd, mais carrémant la vue!
Et nous voilà donc avec un enquêteur aveugle qui court comme il peut après un cruel criminel tout en cherchant avec l'aide d'une psy les causes de sa surprenante cécité. J'ai apprécié l'inclusion des dialogues avec la psy au milieu de l'enquête policière.
Quant au final, il est tout à fait réussi.
On n'aurait jamais pensé que le coupable était...
Mais qui est-ce déjà?
A vous de me le dire!!!
26 juin 2009
Tag
Coumarine m'a taguée!
Touchée, je m'incline et m'exécute...
1/Plutôt corne ou marque-page? Marque page (fait de mes petites mains)
2/As-tu déjà reçu un livre un cadeau? Oui. Les premiers livres offerts par ma mère dont je me souvienne, ce sont les albums de Martine. Un livre, c'était un beau cadeau, une promesse de voyage...
3/Lis-tu dans ton bain? Non. Dans mon bain, je rêve...
4/As-tu déjà pensé à écrire un livre?. J
5/Lire un livre électronique? C’est pas un livre !
6/As-tu un livre culte? Des livres qui m’ont marqué, oui. Culte, le terme ne me plait guère.
7/Aimes-tu relire? Oui, parfois.
8/Rencontrer ou ne pas rencontrer les auteurs des livres qu'on a aimés? Oui ! C'est un peu comme rencontrer un magicien et pouvoir lui demander quelques explications sur ses tours!
9/Aimes-tu parler de tes lectures. Oui, mais c'est parfois difficile. Un livre, c'est personnel, c'est une rencontre...
10/Comment choisis-tu tes livres? Un peu au hasard, ou bien parce que j’en ai entendu parler.
11/Une lecture inavouable? Ça existe ?
12/Des endroits préférés où lire? Au lit !
13/Lire par-dessus l'épaule? Non ! Et qu’on ne vienne pas lire par-dessus la mienne !
14/Lire et manger? Les deux, mon capitaine !
15/Lecture en musique, en silence, peu importe? En silence. Je veux entendre le murmure des mots.
Je ne tague personne mais rien ne vous empêche de reprendre ce questionnaire et d'y répondre, à votre tour!
24 juin 2009
Grande vadrouille
Perché sur le flanc de la colline qui surplombe le village, le nain observe le va et vient incessant au pied des remparts étonnamment fortifiés pour un si petit village. Il tente d'identifier les silhouettes encapuchonnées qui entrent et sortent, les bras chargés de sacs de toile. Le nain frissonne malgré le gilet de peau sombre qui couvre ses épaules. La nuit s'approche, elle couvre déjà les bords de la forêt qui s'étend au nord, vers les montagnes. Le nain hésite à quitter son poste d'observation pour descendre dans la plaine. Peut-être vaut-il mieux attendre le jour?
Le soir est tombé tout à fait. La jeune femme marche d'un pas rapide, elle paraît soucieuse. Elle est plutôt jolie, porte une tenue légère. A son épaule, se balance un sac en toile claire. Elle approche d'un grand bâtiment en pierre.
Un bruit soudain dans son dos, quelques éclats de pierrailles qui déboulent sur sa gauche. Le nain se couche derrière un buisson, ferme les yeux pour mieux disparaître. Une silhouette menue émerge de la nuit claire et s'avance. Le visage du nain exprime une grande surprise quand il reconnaît l'enfant qu'il a recueilli quelques temps plus tôt. Il sort de sa cachette, et d'une voix douce interpelle l'enfant. Celui-ci ne marque aucune surprise, comme s'il s'attendait à cette rencontre.
Les deux hommes sont assis dans une grande pièce qui ressemble à un laboratoire. Ils ont l'air très inquiet. Sur une table, des feuilles couvertes de plans, de chiffres, que les deux hommes lisent avec application. Ils parlent d'une grosse erreur, de tout refaire.
L'enfant invite le nain à l'accompagner et tous deux descendent vers les remparts. On distingue de mieux en mieux les hommes qui transportent des sacs en toile. Le nain interroge l'enfant et celui-ci explique qu'il s'agit des ouvriers de l'usine à texte. Le nain s'étonne de ne pas avoir entendu parler d'une telle usine et l'enfant le regarde sans répondre. Dans ses yeux une lueur étrange mais le nain ne la voit pas, occupé à observer l'entrée du village.
La jeune femme est entrée dans le bâtiment qui semble vide. Elle traverse plusieurs pièces sans hésiter mais on la sent inquiète de se trouver seule, elle sursaute au moindre bruit.
Le nain cherche à voir le visage des ouvriers qui passent non loin d'eux mais il fait trop sombre. L'enfant se dirige vers le poste de garde, il chuchote un mot de passe que le nain n'entend pas.
Les deux hommes sont en colère. Le plus grand tape sur la table en criant et dit qu'il en était sûr, que ça ne pouvait pas marcher.
Dans le village, le nain regarde autour de lui avec étonnement. Toutes les maisons sont identiques et sur une grande place se dresse un bâtiment massif et sans aucune fenêtre.
Dans une pièce sombre, la jeune femme s'avance lentement. Soudain, à la lueur de la lune, elle aperçoit une silhouette masculine penchée sur le sol. Elle s'arrête, hésite à faire demi-tour.
Sur la table du laboratoire le corps d'un homme allongé. Son visage est paisible, il semble dormir. Le haut de son crâne a été soigneusement découpé. Plusieurs fils et plaques métalliques apparaissent. Deux mains s'approchent et sectionnent les fils.
Le nain n'en croit pas ses yeux. Dans l'usine, des milliers livres sont entreposés mais leurs pages sont blanches. L'enfant le pousse vers un escalier sombre.
La jeune femme se met à hurler et allume la lumière.
Le nain se retourne, aperçoit une arme dans la main de l'enfant.
Les yeux de l'homme s'ouvrent brusquement, il sourit, se lève d'un bond et…
"Nicolas, arrête de zapper comme ça! C'est stupide! Choisis un programme et donne-moi cette télécommande!"
PS: en ce moment c'est moi qui zappe allègrement entre boulot (++), maison et enfants. J'écris quand je peux et j'ai un peu de mal à visiter régulièrement mes blogamis. J'espère que ce rythme infernal cessera bientôt...
19 juin 2009
Fragments d'un jour
Tu devines un peu de jour à travers les volets. Tu attends la sonnerie du réveil en remontant la couette.
Tu ouvres les rideaux, tu te demandes s'il fera beau. Tu as mal au dos, le ciel est gris et la terrasse se mouille de pluie.
Sur le plateau rond, la théière est à gauche, comme toujours et la tasse à droite. Le sucrier se met où il peut.
Tu la regardes, plantée devant la glace, elle ajuste sa tunique, un coup devant, un coup derrière. Elle a quinze ans.
On annonce le retour du beau temps pour la fin de la semaine. Le ciel n'est pas sûr d'être d'accord. Tu as froid.
Tu fais marche arrière sans vraiment tourner la tête. Un jour, c'est sûr, le voisin sortira au même moment.
Elle dit que le mot inspiration lui paraît abstrait. Elle préfère parler d'un petit démon qui est sur son épaule ou sur son ventre. La journaliste rit.
Tu as loupé une première place de parking, puis une seconde. Tu sens tes réflexes amollis. Tu connais bien cette vague hésitation qui précède la migraine.
Il y a une dame qui attend son tour. Tu te faufiles dans son dos pour arriver jusqu'à la caisse. Appuyé sur la balance, Jean Paul note des chiffres sur un bout de papier. Il lève la tête et te sourit.
Les halles vont bientôt fermer. Sur le carreau, les restes du marché : cageots vides, épluchures, visages fatigués.
Tu sors de la rue et décides de prendre à gauche. Une corneille s'effraie de te voir arriver. Elle s'envole.
Tu as composé le numéro. Tu comptes machinalement les sonneries. Elle va décrocher. Tu entendras sa voix.
Parfois le bruit de la circulation se suspend et on peut entendre un chant d'oiseau.
Allongée sur le lit, tu sais qu'il est bientôt l'heure de partir mais tu lis encore quelques pages. Et quelques unes encore.
Dans la maison l'odeur fruitée du gratin de légumes se répand. On décèle le parfum aigre du fromage fondu.
Dans la voiture, enfin, tu sens la chaleur du soleil. Le froid te quitte pour un instant. Tu refuses d'ouvrir la fenêtre.
Sur le bois sombre de la table, tu poses ton cahier et ton stylo. Il est six heures, l'atelier peut commencer.
Fabienne juin 2009
15 juin 2009
Automatic-tic
Comme d'habitude, elle a oublié d'ouvrir son parapluie. Bien sûr, la pluie se faisait gentille, mais très vite les cheveux gris se sont poudrés de gouttelettes et la toile de la veste aussi. Pourtant le parapluie est resté sagement calé sous son bras. Comme d'habitude, elle marchait d'un pas rapide et court, tricotant des jambes sur le bitume noir. Quand on n'a jamais passé le mètre cinquante deux, on donne toujours l'impression de tricoter des jambes. Elle a traversé la rue Carnot, tourné à l'angle de la nouvelle pharmacie, longé le square et son lot de SDF, pour enfin pousser la porte du vingt six de la rue Despourrins.
Monsieur Jean Paul Marnay
kinésithérapeute, DE
consultations sur rendez-vous.
Comme d'habitude elle a jeté un coup d'œil sur la plaque grise gravée de blanc On ne sait jamais ? Un départ inopiné, un déménagement soudain. Autant être sûre. D'une semaine sur l'autre, le monde va, fait ses petites affaires, et Jean Paul, partant définitivement pour le Mato Grosso ou l'Ouzbékistan, pourrait avoir omis de prévenir Marguerite.
Comme d'habitude, elle a fermé avec soin la porte blanche qui donne sur la rue, relevant la poignée jusqu'à entendre ce petit clic! , signal d'une bonne fermeture. Au premier rendez-vous, sans méfiance, elle a juste baissé puis relever la poignée, dans un geste banal et courant. Mais la porte, avant même qu'elle se soit assise, s'était ouverte sur le grondement de la rue. C'est alors qu'elle avait vu le petit carton, fixé juste au-dessus de la poignée: "Merci de fermer la porte avec soin"
Elle a placé son parapluie dans le pot de faïence bleue prévu à cet effet et s'est assise, comme d'habitude, sur la chaise de droite, à côté de la table basse où s'ennuient quelques magasines. Elle a essayé un jour la chaise de gauche, pour voir. Mais non, elle se sent mieux à droite, allez donc savoir pourquoi. Inutile de chercher des explications, c'est comme ça, c'est tout. Si on devait tout expliquer, la vie pourrait devenir difficile. Non, le plus simple, c'est de la prendre comme elle vient. On se lève le matin, comme d'habitude, on jette un coup d'œil par la fenêtre de la cuisine et on prend ce qui vient. Pour l'instant, ce qui vient, c'est une séance de kiné avec Jean Paul.
Comme d'habitude, elle a saisi un magasine sur la table, a parcouru les titres. Seulement les titres, parce que pour le reste, il faudrait sortir les lunettes. Mais pour cinq ou dix minutes d'attente, c'est inutile. Sinon, quand Jean Paul ouvrira la porte, on perdra du temps à enlever les lunettes, les remettre dans l'étui, l'étui dans le sac. Et Jean Paul qui attend, sourire au lèvres, légèrement tourné vers la salle de soin. Il attend les lunettes, l'étui, le sac et enfin Marguerite.
Alors Marguerite survole les titres du magasine et imagine le reste.
"Pour en finir avec les dettes, il saute du dixième étage"
Ça, c'est clair, elle le voit bien. Mais après, c'est flou. Le pourquoi, le comment, elle ne sait pas. Les dettes, le désespoir, le dixième étage, elle ne sait pas non plus.
Comme d'habitude, Marguerite peine à imaginer une autre réalité que la sienne. Dans le monde de Marguerite, on ne gagne pas des mille et des cents, mais on paie ce qu'on doit, à qui on le doit. Et ça ne va pas chercher plus loin. Alors elle abandonne le désespoir au dixième étage et tourne la page avec application.
"Partir en vacances avec ses enfants: pour ou contre"
Comme d'habitude, Marguerite est pour. Ce n'est pas entièrement systématique mais, tout de même, ça arrive souvent. Elle n'aime ni les débats, ni les confrontations. Quand on est pour, les choses sont plus faciles. Et puis faire des enfants et ne pas les emmener en vacances, c'est cruel. Marguerite n'a pas d'enfants, mais si elle en avait, elle est sûre de les emmener en vacances.
Comme d'habitude, elle n'est pas vraiment triste de penser que, peut-être, elle aurait pu avoir des enfants. Elle est rarement triste. C'est la vie qui est comme ça. A prendre ou à laisser. Elle a pris ce qu'on a bien voulu lui donner. Un travail, un petit appartement dont elle est enfin propriétaire, une bonne santé. Non, le kiné ce n'est pas grave. Juste un peu de rééducation après une mauvaise chute un jour de pluie. En voulant ouvrir, pour une fois, son parapluie, elle a trébuché. C'est idiot mais ce n'est pas grave.
Il y a sûrement plus malheureux que Marguerite. Elle a pris les jours de pluie et les jours de soleil avec une humeur égale. Elle est comme ça, c'est dans sa nature. Au couvent, quand l'une ou l'autre de ses camarades de classe gémissait d'un mal de tête ou de ventre, on la donnait en exemple. "Regardez Marguerite, comme d'habitude elle ne se plaint pas. Elle connaît la vanité de la plainte. Le seigneur voit nos souffrances. Inutile d'en rajouter, nous ne ferions que fatiguer ses oreilles"
Marguerite ne fatigue les oreilles de personne. Il n'y a pas d'oreilles près d'elle. Seulement les oreilles du seigneur, là-haut. A quoi bon, puisqu'il voit tout?
Jean Paul a dû prendre du retard. Quelques fractures ou lumbagos à traiter en urgence. Comme d'habitude, Marguerite ne s'impatiente pas. Les pieds bien calés au sol, le dos droit contre son siège, elle patiente en compagnie des titres en lettres capitales.
"fruits et légumes de saison: le choix de la raison"
Elle a préparé une soupe pour ce soir. On est en mai, d'accord, les beaux jours sont censés être là, mais comme d'habitude, Marguerite apprécie de commencer son dîner par un bol de soupe. Le midi, à la cantine de la trésorerie générale, on ne sert de la soupe que pendant les mois d'hiver, et encore. Evidemment les jeunes boudent la soupe. Ils ne jurent que par les salades ou les terrines colorées mais insipides. A la cantine, Marguerite se plie aux habitudes du plus grand nombre. Elle est bien consciente que le chef cuisinier ne va pas préparer de la soupe pour quelques rares amateurs de potages. C'est naturel, il faut simplifier le travail, harmoniser. Mais dans le confort douillet de son appartement, Marguerite a droit à son bol de soupe. Avec des légumes de saison, bien sûr. Avait-on le choix, autrefois? On se contentait de ce que l'on trouvait au marché, sur les étals de bois dépliés chaque jour par les paysans du coin.
Jean Paul est en retard. Elle ne va pas sortir sa montre du sac mais elle en est certaine, il est en retard. Elle a fini de feuilleter un magasine et s'apprête à en saisir un second; c'est inhabituel. Cinq ou dix minutes, elle n'attend guère plus les autres jours. Le temps d'égrainer les titres d'un magasine. Il y en a quatre, elle les a lu à tour de rôle, reprenant la pile au début à partir de la cinquième séance. Ce n'est pas grave, elle n'est pas pressée, n'a pas de voiture au parcmètre, personne à visiter. Elle attend. Jean Paul va finir par ouvrir la porte bleue, celle qui conduit à son cabinet. Elle ne l'aura pas entendu venir parce qu'il marche pieds nus. Oui, ce n'est pas commun. C'est une habitude qu'il a rapporté d'un séjour en Inde. Là-bas, a-t-il expliqué, c'est une sorte de tradition, on reste en contact avec la terre, les énergies du cosmos. Marguerite n'y voit pas d'inconvénient. Elle sait bien qu'elle ne pourrait pas faire la même chose mais ça ne la dérange pas.
Il y a tout de même quelque chose qui est en train de la déranger. Le silence. Il y a bien les bruits de la rue, assourdis et habituels mais dans le cabinet, rien. Dans la salle d'attente c'est normal, puisqu'elle est seule avec les deux chaises, la table, et les magasines. Mais derrière la porte de la salle de soin règne un silence que Marguerite finit par trouver inquiétant. Ce n'est pas que Jean Paul fasse beaucoup de bruits en soignant ses patients. Tout de même, il y a parfois le ronronnement d'un appareil, un objet qui chute sur le lino, une chaise déplacée, une petite quinte de toux. Aujourd'hui, rien. Rien du tout. Marguerite a soudain conscience qu'elle est seule. Elle en est sûre. Que se passe-t-il? Un accident? Un malaise? Une absence?
Marguerite pose son sac sur la table basse, se lève, avance d'un pas. Comme d'habitude, elle fait le moins de bruit possible, ne veut pas se faire remarquer. Elle s'approche de la porte bleue, colle son oreille en retenant son souffle. Non, décidément, rien. Que faire? Frapper et entrer? Partir et téléphoner plus tard? Comme d'habitude, elle hésite, envisage toutes les solutions, pèse le pour et le contre. C'est difficile de prendre une décision. Marguerite est seule, il n'y a personne pour donner un avis derrière lequel elle pourrait se ranger.
Marguerite reprend son sac, reste debout, regarde la porte, son parapluie, la porte, son parapluie, la porte, son parapluie, la porte, son parapluie, la porte…
Fabienne avril 2009
…
11 juin 2009
Lu!
mercredi 16h15 Enfin je me pose! Lunettes sur le nez, biscuits à grignotter, je suis prête : j'ouvre le livre, je relis la dédicace de l'auteur et c'est parti! Je sais qu'à 17h15 je devrai fermer le livre, me préparer et partir travailler chez un client. Cocktail dînatoire pour 40 personnes dans les salons d'un hôtel particulier , à deux pas du château, balcon plein sud, on se réveille tous les matins face aux Pyrénées. Champagne, petits fours et courbettes, j'ai l'habitude, c'est mon job, la routine, quoi.
Mais pour le moment je suis à Marseille, et je rentre de plein pied dans une odieuse histoire de violences pédophiles, enlèvement de fillettes, trafic de dvd dégueulasses pour publics avertis.
La commissaire Aïcha Saida est à cran, ce genre d'enquête, on ne peut pas s'en sortir, les images vous poursuivent jour et nuit, on est dedans jusqu'au cou.
On a peut-être une piste, alors on fonce chez un type, on donne les consignes aux équipiers tout en grillant quelques cigarettes.
Et me voilà embarquée dans "Sad Sunday". Je retrouve avec plaisir Sébastien Touraine, la commissaire aux mèches brunes, je les suis sur la piste du détraqué qui ...
STOP!
17h15, pas le choix. Je marque la page, je pose le bouquin, je file m'habiller. Hop! au boulot!...
Retrouver ma collègue et c'est parti!
Nappesverresserviettesplateauxchampagnevincocktailsansaloccol
bonjourmonsieurbonjourmadame...
22h45 Ouf! C'est fini! Ils ont bien mangé, ils ont bien bu, ils sont contents "vous féliciterez le chef" "bien sûr monsieur, merci madame".
Tout est rangé, nettoyé. Charger la voiture, s'assoir au volant...ouh! que ça fait du bien!
Me voici de retour dans le silence de la maison.
Ma petite famille est endormie. Je quitte mes chaussures avec soulagement, j'avale deux gélules de paracétamol pour éviter demain quelques courbatures (elles sont lourdes les caisses de flûtes à champagne trimballées dans les couloirs!) et je repars illico pour Marseille.
J'ai laissé Sébastien et Aïcha en pleine séances de retrouvailles torrides et je les retrouve... au même point!!! Bon, ça y est, c'est fini les galipettes! Je vous rappelle qu'on a un sadique sur les bras! Faudrait voir à rameuter les troupes et trouver une piste. Tiens! Mathias à une idée : la théorie des univers comparés. Allez! on fonce...
Jeudi 0h30 Je tourne la dernière page, c'est fini! FINI! Je suis un peu fatiguée d'avoir couru après ce type complètement barjot et puis il y a Aïcha qui a failli...et Sébastien qui est peut-être...
NON, je ne vous en dirai pas plus!
C'est Sad Sunday et c'est sacrément passionnant!!!
Je n'ai pas la prétention de me lancer dans une critique littéraire. Je ne me sens aucune légitimité sur ce terrain. Je suis une lectrice et je parle en lectrice.
Voilà bien longtemps que je n'avais pas lu un livre d'une traite (enfin presque!)
Ames sensibles s'abstenir, c'est un polar d'aujourd'hui, qui nous parle des déviances d'aujourd'hui, il ne s'agit pas de petits meurtres élégants ou raffinés entre deux tasses de thé.
J'aime l'écriture nerveuse de Gilles Vincent, le jeu des temps de verbes qui rythment l'action. L'intrigue est bien menée, en chapitres courts, on ne se perd pas en digressions. On a un tueur sur les bras, pas de temps à perdre.
Un reproche? J'aurais aimé un peu moins de noirceur, une petite note d'optimisme.
J'ai passé un bon moment mais une fois au lit, j'ai sollicité la protection rapprochée de Nounours chéri pour éviter les cauchemards!!!
PS : n'oubliez pas d'ouvrir la fenêtre, ça clope autant que dans Djebel! L'auteur serait-il un ancien fumeur nostalgique?
07 juin 2009
Dis Fabeli, t'as peur de quoi?
J'ai peur de rien. Pourquoi devrais-je avoir peur de quelque chose? Qu'y a-t-il à craindre dans cette vie? Quoi? La fin? Le bout du bout? Le dernier souffle?
Je suis comme tout le monde. Je redoute de pousser la dernière porte. Surtout que je n'ai pas cherché à imaginer qu'il y aurait un après. Quelque chose comme un jardin avec des fleurs, des parfums, des plaisirs. J'ai préféré croire qu'il n'y a rien d'autre que cette vie, ici, aujourd'hui additionné d'hier et d'un peu de demain.
J'ai peur de rien. J'ai bien compris que tout a une fin. Les roses effeuillées, les nuages de poussières, le jour comme la nuit. Tout finit et moi aussi. Au microscope, je verrais sans doute le début de la fin, le délitement des os, des cartilages, l'affaiblissement des fibres musculaires. Il y a bien des bricoles qui mettent la puce à l'oreille, la vue qui dégringole, la peau qui se détend, tirée vers le bas. On lutte, on s'efforce, on se maintient. Pas la peine d'en faire une histoire. Egalité pour tous. Personne n'y coupera, chacun son tour, billet aléatoire en main. Aujourd'hui, demain, un peu plus tard.
J'ai peur de rien, je vous dis. Tout est normal, l'ordre des choses, ainsi va le monde.
A la rigueur, un truc qui m'ennuie, me tarabuste. Ne pas être seule. Croiser une dernière fois un regard, peut-être même un sourire ou bien des larmes, je m'en fous, quelque chose d'humain. Avoir la certitude que rien n'a été vain.
04 juin 2009
Votre avis m'intéresse...

Ne vous fâchez pas!
Je vous prive des aventures de ce bon monsieur Lecoeur mais c'est pour la bonne cause. Il est allé faire un petit tour du côté de Fotaine-Française...
En attendant, je laisse les commentaires, comme d'habitude...
PS : Pour le titre, j'ai gardé la suggestion de Touraine, "Dentelles et vieilles luxures"
02 juin 2009
S'en aller?

Je suis venue te dire que je m’en vais.
Pour les chaussettes sales que tu laisses traîner ?
Pour le balai que tu n’as jamais voulu passer ?
Pour les mégots en vrac dans les cendriers ?
Non.
Je suis venue te dire que je m’en vais
Pour bousculer les habitudes et brouiller les années
Pour les 2 sucres dans le café et les géraniums sur la même fenêtre
Pour l’amour du samedi soir et le poulet du dimanche midi
Pour toutes ces vacances à l’île de Ré et tous ces repas de quartier
Je suis venue te dire que je m’en vais
Pour donner à mon cœur de nouvelles lois
Je suis venue te dire que je m’en vais
Pour ouvrir les yeux sur d’autres premières fois
Fabienne (Texte écrit en 2008 pour les défis du samedi)
