11 juillet 2009
Dis Fabeli, qu'est-ce que tu écris?
J'écris des lettres qui se nouent, s'entrelacent pour former des mots qui eux mêmes se lient en phrases courtes, longues, sinueuses ou sèches. J'écris comme je tisse, j'écris comme je pense, comme je ris, comme je saigne, comme je vis.
Qu'est-ce que j'écris?
J'écris l'amour, le doute, la mort. Il n'y a que ça qui vaille la peine d'être écrit, tout le reste n'est que hasard. J'écris ma peur, ta peur, et celle des autres. Partout, dans chaque mot de toutes les phrases, depuis toujours, il n'est question que de ça, de cette parcelle inaltérable de l'âme humaine, fragile fragment miroitant dans l'eau de nos yeux.
Ne pas craindre sa peur, elle est digne et respectable. Elle existe, voilà tout. Rien ne sert de l'ignorer et quand certains la terrent sous un masque de rires et de chansons, d'autres l'ensevelissent sous les décombres de leur agitation mentale. Mais la peur est fine, fluide, mobile et insaisissable. Elle est toujours là, douée d'une vie propre.
J'ai peur, tu as peur, il a peur. C'est humain et je l'écris.
Fabienne mai 2009
Commentaires
Doute et peur
Souvent je doute. Souvent j'ai peur. J'ai peur de mes doutes, je doute de mes peurs.
En collant sur le papier mes doutes et mes peurs, j'ai l'impression de les éloigner de moi, de les rendre moins prégnants.
En partageant les doutes et les peurs avec les autres, je peux alléger le fardeau.
Merci pour cette belle écriture. Merci pour cette belle confidence.
Je la garde secrète!
Pierre
Lice et lisse
Ecrire...
Se battre contre les autres pour qu'ils vous laissent écrire,
préserver contre vents et marées cette zone de tissage,
se battre contre soi-même, trouver le premier mot,
ensuite le suivant,
modestement, avec humilité, au plus proche de soi.
Pierre, je suis comme vous, je trouve souvent plus facile de poser mes "maux" sur le papier pour les atténuer.
Danielle, je suis justement en plein combat pour préserver MA zone d'écriture. Je lutte pied à pied contre mon emploi du temps professionnel et familal. je cherche mon équilibre et je te souhaite de trouver le tien.
Tu écris la vie, surtout.
Phil, il n'y a rien d'autre à écrire depuis toujours.
ah fabeli...comme je te comprends...
Préserver à tout prix sa zone d'écriture, quand on a un boulot et une famille...dur dur
Mais il en va de ton équilibre sans doute...tout faire pour sauvegarder ton espace de liberté...
Coumarine, tu es mon exemple! Si tu y arrives, toi, mère de famille nombreuse, je peux, je dois y arriver!!!
beaujour fab.
j'aime ce que tu écris.
comme tu l'écris
j'aime ta pudeur,,,,, et ta p'tite dose de malineté...
merci fab. de ce que tu écris...
merci de ta fidélité
douce soirée à toi (en espérant qu'elle ne soit pas si fraiche que dans l'61)
pst. aujourd'hui, une suite dans l'61
bises
Superbe.
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