chantier à lire

Ici le port du casque n'est pas obligatoire! Les visites sont autorisées de jour comme de nuit. Les textes publiés ici restent la propriété de l’auteur

30 juillet 2009

Souvenirs...

...d'assassin

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-Tu vois, j'ai bien fait le tour de la question, je suis sûre que le voisin d'en face a tué sa femme.

Depuis 5 ans que nous habitons ici, je les connais bien, tu penses ! D’ici, je vois leur cuisine et leur chambre. C’est drôle tout ce qu’on apprend sur les gens en les observant dans ces deux pièces. La cuisine, comme la chambre, c’est intime. Les gens sont naturels quand ils mangent, comme quand ils font l’amour. Tu m’écoutes ?

Soupir. Froissement de journal.

-Qu’est ce qui te fais dire ça ?

-Qu’il l’a tué ? Intuition féminine, mon cher. En trente ans de mariage, avoue que je me suis rarement trompée. La grossesse cachée de la fille du 5ème, le trafic du fils de la concierge, la double vie du notaire. Tu vois rien ne m’échappe ! Au début, ils se parlaient beaucoup à table, elle lui souriait, ils fermaient souvent les rideaux de la chambre, même en plein jour. Puis petit à petit, ça s’est dégradé. De longs silences à table, et les rideaux qui restaient ouverts. Et il y a trois jours…Tu ne veux pas savoir la suite ?

Journal. Soupir.

-Alors ?

-Eh bien, il y a trois jours, non, quatre, ce jeudi où tu es rentré tard de ton bridge. Je l’ai vu, lui, dans sa cuisine, à 9 heures du soir, qui aiguisait des couteaux avec soin, et après il passait le doigt sur la lame, pour voir, brrr! J’en avais la chair de poule. Tu irais, toi, aiguiser des couteaux avec minutie, à 9 heures du soir ? Et une fois qu’il a eu terminé, il a tiré les rideaux de la cuisine. Je te dis qu’il l’a tuée. Il en avait assez qu’elle aguiche tous les hommes du quartier en sortant habillée et maquillée comme un sapin de Noël. Que dirais-tu si je sortais attifée comme ça, hein! ? Ce que je me demande, c’est comment il a fait disparaître le corps. Même en morceaux, une femme, c’est encombrant ! Où tu vas ?

-Sortir le chien. Ils ont divorcé. Elle qui me l’a dit, hier, en sortant du bar où elle travaille.

Il ouvre la porte.

-Lui, il est artisan coutelier, rue Caulaincourt, je lui porte nos couteaux tous les ans.

Texte écrit dans le cadre de l'atelier Paroles plurielles  en janvier 2008


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27 juillet 2009

Souvenirs de...

... La crique aux mouettes

On y pensait depuis longtemps. Partir, larguer les amarres du quotidien. On l’a fait. En juin. Derrière nous les années de galères au boulot. Derrière nous les rendez-vous cachés, les coups de fil murmurés.  Cap sur l’aventure, l’inconnu, l’improbable. De toutes façons, avec Muriel, j’irais au bout du monde.

Le premier mois, super ! Le bateau ne posait aucun problème, rallier Sète à Ibiza non plus. On s’est posés au nord de l’île, côté sauvage. Muriel travaillait des figurines et des bijoux avec inspiration. Du vert, beaucoup de vert. Est-ce que j’aurais dû y voir un présage ? Le soir, après dîner, on marchait sur la plage Elle cueillait coquillages et bois flottés, j’échafaudais mille projets pour le retour. Finir ce projet de logiciel, créer enfin ma propre boite. Elle disait « Tu peux y arriver, c’est sûr, ça va marcher » De temps en temps elle partait au village le plus proche et vendait quelques unes de ses créations, contente de son succès. Je disais « Tu vois, je savais que ça marcherait, tu fais du beau, les gens ne s’y trompent pas »

Si j’avais su ! Avoir tout bazardé, boulot, maison, mariage. Parce que j’y croyais. Parce que faire un truc fort comme ça, dans une vie, ça change tout. Dans la glace, le matin, le Bertrand qui me souriait, je le trouvais sympa, fonceur et serein. Le Bertrand, il a rien vu venir. Elle a juste dit « Je vais chercher le pain » A ce moment là, on étaient au sud de l’Espagne. Petit port de pêcheurs, presque pas de touristes. Si, un justement. Un amerloc, short, casquette et coups de soleil. Il a parlé new art, business, dollars. Muriel a dit « Ok » Elle a tout pris, les poupées, les colliers, les bouts de tissus. Il attendait dans la méhari de location. «  Ecoute, c’est la chance de ma vie. Tu disais toujours fonce, Bébé, t’as du talent. Alors je fonce »

Et moi ? Mon rêve a pris du plomb dans l’aile. Il s’est vautré sur le pont du bateau, mon rêve. Rentrer ? Pour quoi faire ? Sonner à la porte de mon ex-femme « coucou, chérie ! Joker ! » Accepter les sourires de consolation de mes potes ? Si j’ai encore des potes !
Alors je glande ! Ici la vie n’est pas chère. Poisson pêché, canettes de bières…je glande ! Je promène les mémères de passage jusqu’à la crique aux mouettes « Si, seniora, baňo desnudo, possible » Elles gloussent de plaisir à l’idée de faire trempette en nu intégral sous l’œil du vieux mari émoustillé. Au retour, je suis parfois obligé d’en séparer certains. Ils me font le coup de la nouvelle lune de miel ! Ah ! Non, pas de ça chez moi ! Moi, j’ai les c… qui débordent depuis que Muriel s’est barrée, alors pour vos cochonneries, allez voir ailleurs si j’y suis !

Fabienne

(Consigne 72 de Paroles plurielles)

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26 juillet 2009

Vacances?

ancienne_televisionC'est l'été, le temps des vacances, des absences et des rediffusions!

Le chantier n'échappera pas à cette tradition estivale.

C'est décidé, cet été, je rediffuse!

Je pioche au hasard (enfin presque!) dans les deux années d'archives du chantier et je vous donne à lire sans me fatiguer!!!
Enfin presque...parce que par ailleurs, je travaille dans la plus grande discrétion! Je gratte chaque jour (enfin presque!)du papier, du papier, encore du papier.
Ce qu'il en sortira? Mystère et boule de gomme!!!

Bonne lecture ou...re-lecture!

et rendez-vous après le 15 août

d'ici là, je vais aller voir ailleurs si j'y suis...


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25 juillet 2009

Les vacances de Martine 4/4

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-Laissez-moi voir ça.

D’un geste sûr elle tâte la cheville endolorie.

-Une légère entorse. Il faudrait un peu de glace et du repos.

-Habituellement je préfère mettre la glace dans mon martini, mais si vous y tenez…Quant au repos, j’y suis justement. Quelques jours entre deux missions.

Martine a levé les yeux vers le visage de l’inconnu et ne peut retenir une exclamation de surprise.

-Oh ! James !

-Ma chère, on ne peut rien vous cacher !

-Votre séance de jogging s’arrête ici, on dirait. Mon hôtel n’est pas loin. Voulez-vous mon aide pour boitiller jusque là ?

-Inutile de vous donner tant de peine mademoiselle… ?

-Martine.

-Martine !

Il presse le médaillon qu’il porte autour du cou. Aussitôt, un scooter des mers, qui évoluait à quelques distances de la plage, se rapproche à grande vitesse et s’échoue sur le sable. Sautant de l’engin, un colosse au regard sombre se précipite à grandes enjambées.

-Vladimir, aide-moi à monter sur la machine, ainsi que mademoiselle. Martine, vous viendrez bien à bord vous occuper de cette poche de glace ?

Martine acquiesce, rougissante et court reprendre son sac. Vladimir a saisi James dans ses bras et le porte jusqu’au scooter puis revient chercher Martine, toute émue de se sentir soulevée comme une fillette. L’engin démarre dans une gerbe d’écume et les voilà bientôt à bord d’un superbe yacht, dissimulé dans une crique.

Une fois installé sur le pont, les deux nouveaux amis font plus ample connaissance. James amuse Martine avec quelques anecdotes croustillantes sur ses dernières missions, tandis que la jeune femme lui masse la cheville avec douceur. Elle dispose ensuite la fameuse poche de glace fournie par un Vladimir mystérieusement réapparu. Martine se demande un instant s’il les a suivi à la nage.

La journée se poursuit de la façon la plus agréable qui soit. Au cours du déjeuner improvisé sous une pergola, Martine confie à James l’admiration qu’elle a pour lui et combien elle tremble de le voir parfois en difficultés. James lui dévoile alors quelques astuces de tournage.

Le jour s’incline, James et Martine contemplent un magnifique coucher de soleil. Les mots se sont enfuis, laissant place à un silence éloquent. Les épaules se frôlent et les mains…quand Vladimir, d’un ton brusque, intervient.

-Il est cinq heures.

Martine le regarde, étonnée. Il doit être bien plus tard que cinq heures puisque le soleil se couche. Vladimir insiste.

-Il est cinq heures mademoiselle !

La saisissant aux épaules d’un geste brusque il crie presque.

-Il est cinq heures !

Martine se débat, repousse les mains puissantes. Rien à faire, elle ne peut éviter la voix tenace qui envahit son esprit.

-Martine, il est cinq heures ! Il faut te réveiller ma chérie! On part en vacances !


Bonnes vacances à tous!


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23 juillet 2009

Les vacances de Martine 3/4

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Martine sort doucement du sommeil sous la caresse d’un rayon de soleil qui taquine le rideau. Repoussant les draps de soie, elle s’étire avec de petits soupirs d’aise, puis se lève d’un bond pour se précipiter sous le jet massant de la douche. D’un doigt gourmand elle pianote sur le clavier de commande. Force un, une brume légère effleure sa peau. Force deux, l’étreinte se resserre, Martine ferme les yeux. Force trois, la puissance aquatique se déchaîne, les dernières traces de sommeil sont balayées. Inutile de se presser, personne ne viendra réclamer son tour en tambourinant sur la porte avec vigueur.

C’est presque à regret qu’elle quitte son cocon liquide. Mais bientôt la perspective de cette nouvelle journée de vacances dessine un sourire sur son visage. Qui sait ce qui l’attend aujourd’hui ? Hier déjà, elle sait qu’elle a passé une journée délicieuse. Sur la place du marché, devant l’étal du primeur, elle a fait une rencontre inattendue. Tandis qu’elle tâtait quelques melons à la recherche du spécimen parfait, elle écoutait d’une oreille légère la conversation d’un client avec la jeune vendeuse. On cherchait à connaître la recette de la pipérade, et la jeune fille avouait son ignorance avec un sourire désarmant. Martine offrit ses connaissances culinaires au bel inconnu qui, pour la remercier, l’emmena déjeuner sur la corniche. Elle finit par reconnaître A. D., l’acteur en vue du moment.

Que lui réserve donc cette nouvelle journée ? Sous un  ciel radieux, Martine sort de l’hôtel pour se diriger vers le bord de mer. Sa robe légère frémit sous la brise matinale, dévoilant ses jambes déjà hâlées. Sur la plage, quelques surfeurs assidus guettent la vague. Martine s’installe à l’écart et sort de son sac le troisième tome de la saga des morts vivants : « les cercueils se rebiffent »


Elle laisse un instant errer son regard sur l’horizon. Quelques voiliers presque transparents dans la brume marine l’entraînent au fil une rêverie charmante, quand soudain entre dans son champ de vision une silhouette masculine trottinant sur la grève. Délaissant les mirages de l’horizon, Martine s’attarde sur le corps musclé du coureur. Un short moulant souligne une anatomie parfaite et sur son torse nu brille un médaillon argenté. Aïe ! L’homme a chuté lourdement sur le sable. Il grimace en tenant sa cheville. Voyant que les surfeurs ne quittent pas des yeux la houle, Martine abandonne les morts vivants pour se porter au secours du blessé.

à suivre...

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21 juillet 2009

Les vacances de Martine 2/4

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-Maman, maman, ça y est on est en vacances ! On n’a même pas travaillé aujourd’hui. On a fait une méga teuf dans la classe.

-Maman, maman, j’ai préparé ma valise ! Je peux prendre ma console, dis, je peux ?

-Maman, maman, il faut absolument acheter de la crème solaire avant de partir ! Je ne veux pas risquer un cancer de la peau à treize ans. Non vraiment, c’est trop jeune pour mourir.

-Chérie, j’ai pensé que nous pourrions partir vers six heures demain matin pour éviter les bouchons. Tu ne sais pas où sont les tapis de plage ?

Sous l’assaut féroce des forces ennemies, Martine chancelle un instant. Et tandis qu’elle distribue une volée de baisers pour se donner le temps de se ressaisir, la petite phrase insidieuse s’empare définitivement de son esprit : " Partir seule deux jours".

A compter de cette minute, ces quelques mots taraudent le cerveau de Martine comme un ver creuse une pomme : lentement mais sûrement. Pourtant Martine ne quitte pas un instant son poste de capitaine du bateau- maison. A la veille de ce départ pour la côte basque, il n’est pas question de lâcher le gouvernail.
Vérifier et boucler les bagages, « les patins à roulettes sont inutiles sur le sable, mon lapin »
Charger le coffre de la voiture, « chéri, je crois qu’il vaut mieux mettre d’abord la valise bleue et ensuite le sac rouge »,
Arroser les plantes vertes, porter les clefs à la voisine, « oui, ma grande, je t’autorise à prendre mon tee-shirt à paillettes »

C’est une Martine épuisée qui s’effondre sur le lit conjugal à une heure tardive, tandis que Chéri programme le réveil à cinq heures avec un sourire ravi. Martine renonce à le féliciter pour cet acte courageux, lui qui, pour son premier jour de vacances, va se lever deux heures plus tôt que pour aller travailler. Même en vacances, Chéri n’a pas d’humour.

à suivre...

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19 juillet 2009

Les vacances de Martine (1/4)

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Je feuillette, tu feuillettes, nous feuilletons!

En attendant de mettre ce blog en vacance(s),
voici un petit feuilleton léger et sans conséquences...


Enfin les vacances ! Adieu bureau, boulot, fichiers et dossiers. Bonjour repos, détente, ballades et coquillages. On sera si bien au camping des "Trois crevettes", dans un mobil home flambant neuf, (moyennant un supplément conséquent), avec Chéri (enfin détendu) et les enfants ( trois amours) !

Martine veut croire que ce séjour ne ressemblera en rien à celui de l’an dernier, avec son lot de coups de soleils, caprices au restaurant, otites subites et tentative de noyade entre frères. Non, cette année, Chéri et les enfants ont promis : ils seront sages, attentionnés, obéissants. Chéri partagera les tâches ménagères, les jumeaux se battront sans objets contondants, et mademoiselle fille aînée surveillera efficacement son humeur adolescente. Des vacances de rêve, dans un endroit idyllique, avec une famille idéale !

A la veille de ce départ tant attendu, Martine ne peut empêcher une idée saugrenue de se glisser dans son esprit. Si seulement elle pouvait  partir seule pour deux jours !

Deux jours pour elle seule ! Deux jours à ne rien partager ! Deux jours jalousement, merveilleusement égoïstes ! Sans mari, sans enfants ! Partir seule !

Dans l’autobus qui la ramène inexorablement vers son quotidien d’épouse et de mère, Martine se laisse aller à une douce et inoffensive rêverie. Partir …Le choix de la destination occupe toutes ses pensées. Comme ses yeux effleurent en passant la vitrine d’une agence de voyage, elle imagine : exotisme, chaleur, fleurs géantes, langue étrangère...Deux jours pour partir si loin, c’est trop court. La distance ne fait rien à l’affaire, l’essentiel est dans le départ.

La mer par exemple, se perdre en longues promenades solitaires sur une plage déserte, la caresse du vent qui frôle ses cheveux, le doux murmure de la vague qui taquine ses orteils…Mais où trouver une plage déserte en plein mois d’août ?

La montagne, voilà une bonne idée ! S’oxygéner au fil de longues marches sur la rocaille de sentiers charmants, se perdre dans la contemplation de sommets inconnus et majestueux, guetter l’empreinte de l’animal sauvage ou saisir le vol élégant du rapace qui joue avec les nuages… Soudain Martine ressent au talon la brûlure d’une ampoule imaginaire, conséquence douloureuse de son manque d’entraînement à la marche en montagne. Déjà, elle s’essouffle sur les pentes escarpées, sa cheville vacille sur un éclat de rocher capricieux.

Et la campagne ? Une campagne encore sauvage, vierge de toute activité humaine, de longues ballades bercée du seul chant des oiseaux, parfumées des senteurs douces de l’herbe chauffée au soleil, des haies d’églantiers, des fleurs sauvages, graciles silhouettes colorées qui illuminent les talus. Sur les traces du poète, retrouver le goût d’un bonheur simple et champêtre, se défaire du clinquant et du mercantile…

Station des Lilas. Martine quitte l’autobus en soupirant. Comment choisir une destination qui accueillera ses envies de quiétude, de silence, d’espace ?

à suivre...

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11 juillet 2009

Dis Fabeli, qu'est-ce que tu écris?

J'écris des lettres qui se nouent, s'entrelacent pour former des mots qui eux mêmes se lient en phrases courtes, longues, sinueuses ou sèches. J'écris comme je tisse, j'écris comme je pense, comme je ris, comme je saigne, comme je vis.

Qu'est-ce que j'écris?

J'écris l'amour, le doute, la mort. Il n'y a que ça qui vaille la peine d'être écrit, tout le reste n'est que hasard. J'écris ma peur, ta peur, et celle des autres. Partout, dans chaque mot de toutes les phrases, depuis toujours, il n'est question que de ça, de cette parcelle inaltérable de l'âme humaine, fragile fragment miroitant dans l'eau de nos yeux.

Ne pas craindre sa peur, elle est digne et respectable. Elle existe, voilà tout. Rien ne sert de l'ignorer et quand certains la terrent sous un masque de rires et de chansons, d'autres l'ensevelissent sous les décombres de leur agitation mentale. Mais la peur est fine, fluide, mobile et insaisissable. Elle est toujours là, douée d'une vie propre.

J'ai peur, tu as peur, il a peur. C'est humain et je l'écris.

Fabienne mai 2009

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07 juillet 2009

PAL de l'été

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Chagrin d'école, de Daniel Pennac

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, de Harper Lee

Ces deux livres m'ont été offert par mon amie pour mon anniversaire. J'ai déjà lu des extraits de Pennac mais jamais un livre complet. Quant au second, j'ai lu un article à son sujet il y a peu dans une revue.

Un homme accidentel, de Philippe Besson

Celui-ci, je l'ai choisi en passant dans une de mes  librairies préférées. Je ne connais pas bien cet auteur. Je me ferai une idée.

Le cinquième clandestin, de Marin Ledun

Je fréquente une librairie spécialisée dans le polar et je me rends parfois aux séances de dédicaces proposées par le libraire. Là il s'agissait d'un auteur qui a déjà publié des romans genre thrillers scientifiques et qui vient de participer à une toute nouvelle collection mise en place par une petite maison d'édition. On donne à chaque auteur un même personnage et un arrondissement de Paris. Et hop! au boulot!

Vipère au poing, de Hervé Bazin

L'écriture comme un couteau, de Annie Ernaux

Chaque premier dimanche du mois, le boulevard des Pyrénées (la plus belle vue de terre, d'après Lamartine "him self") se transforme en promenade piétonne et des bouqunistes viennent installer leurs étals et leurs parasols. C'est là que j'ai pris l'habitude de venir fouiller avec délice. Les deux titres ci-dessus sont mes dernières trouvailles.

Voilà de quoi occuper mes loisirs de l'été. Mais aurai-je des loisirs...

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02 juillet 2009

Une lettre

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Ecrire une lettre

Puiser au flux de son cœur l’encre et les mots.
Poser sur le papier l’intimité de son âme.
Ecrire une lettre d’amitié, d’amour, ou de chagrin.
E
crire une lettre à l’autre que l’on devine sans le voir.
Et la poster, cœur battant, dans un souffle d’espoir.

Ecrire une lettre un soir d’été ou un matin d’hiver,
Poser son chagrin sur les lignes bien nettes,
Le canaliser, le dompter, le moduler,
Pour le voir partir, loin de soi.
Le donner, l’offrir, le partager
Pour en diminuer le poids.

Ecrire une lettre au soleil d’automne
Laisser couler au gré des arabesques
Le jus de son âme juste pressé
Laisser paraître au fil des lettres- lianes
La douceur de son cœur si souvent étouffé.

Et dans le geste qui cèle l’enveloppe,
Espérer ardemment recevoir à son tour
Une page pliée, un billet, même court,
Une lettre, doux message murmuré
Dans le creux de son cœur émerveillé.

Fabienne

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