chantier à lire

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29 août 2009

Dis Fabeli, à quoi tu penses ?

Je voudrais ne penser à rien, mener une petit vie tranquille, sans à coups, sans histoire. Ça n’existe pas. Vivant c’est déjà une histoire. Il y a la chair, il y a le sang. Et la peau, les mains, les bouches qui se touchent. Il y a les yeux qui voient ou qui ne voient pas.

Une vie magma, une vie volcan. Qui fume, pète, balance des scories sur la gueule. Une vie en lave qui découle de nous, du dedans, du cœur, du ventre, du centre. Ça sort, ça brûle, ça fait peur. On ne peut pas faire autrement, on ne décide pas. C’est la mère, la terre qui décide pour nous. Fusion, explosion, éruption.

Je pense à moi, à mes petites douleurs intérieures qui font des bulles, qui bouillonnent. On ne les entend pas, on ne devine pas. Le volcan est endormi. On s’installe sur ses pentes, ce n’est pas grave, il est sage, il est fertile. On est bien, là, on est au chaud, à l’abri. Et puis le volcan va se réveiller. Ou peut-être pas. On joue à pile ou face. On ne joue que sa vie et rien d’autre. Ce n’est qu’une vie. Il y en a tant.

Je pense à toutes ces vies, à toutes ces morts qui s’empilent. Tranches napolitaines vie- mort- vie- mort- vie…et en haut, tout en haut, quelle sera la dernière tranche ?

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25 août 2009

J.E.T.A.I.M.E

Je t'aime.

Trois mots hors du temps.

Trois mots fanés, usés, transparents.

Trois mots limpides, brillants, évidents.

Trois mots irremplaçables.

Je t'aime, trois mots pour surligner une seconde
Depuis le temps qu'on les dit, qu'on les souffle dans un murmure, qu'on les jette dans un cri.
Rien d'autre que ces trois mots là, sept petites lettres:

Je t'aime.
Je t'aime là, maintenant, tout de suite

Je t'aime pour toujours ou pour trois minutes
Je t'aime, sésame de tous les possibles

Je t'aime, chavirement magnifique de l'horizon
Je t'aime, cœur emporté, explosé, crucifié
Je t'aime, trois notes d'une musique éternelle
Je t'aime, trois couleurs pour un ciel de vie

Je t'aime avec mes yeux, ma bouche, mon sang
Je t'aime du bout des doigts, des lèvres, de la langue
Je t'aime en tout, en entier, enfin
Je t'aime le jour, la nuit, entre les deux aussi

Je t'aime en plumes, en perles, en douceur
Je t'aime en brûlure, en déchirure, en douleur
Je t'aime et je ne t'aime plus et je t'aime encore
Je t'aime malgré moi, malgré toi, au-delà de nous

Je t'aime en creux, en vide, en gouffre
Je t'aime et j'ai peur, je crie, je pleure
Je t'aime et je prie, j'implore, je subis
Je t'aime pour un mot, un geste, une odeur

Je t'aime pour rien, pas bien, si mal

Je t'aime et je le dis
Je t'aime et je me tais
Je t'aime et tu m'entends

Je t'aime et tu t'en vas
Je t'aime et je te regarde
Je t'aime et tu ne me vois pas

Je t'aime

Trois mots caresse, trois mots prière, trois mots supplice.

Sept lettres pour lier le monde.

Fabienne mai 2009

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22 août 2009

J'ai lu...

Pal ça, c'était ma PAL au début de l'été. Ce qu'il en reste? Rien ou presque :seulement "l'écriture comme un couteau", d'Annie Erneau que je me garde pour plus tard.

Les autres sont lus! Et quelques uns de plus encore. Non, je ne me vante pas, ce n'est pas un exploit! C'est juste que j'avais le temps et l'envie de lire.

Mes préférés?

"Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur", de Harper Lee, personnages attachants, écriture fluide et classique pour un sujet toujours difficile (la haine raciale dans le sud des états unis dans les années 30). Je l'ai un peu rapproché de "Frankie Adams", de Carson mac Cullers,  lu au mois de juin.

Bazin, bien sûr, et sa "vipère au poing" qui se dresse contre la haine maternelle. On est avec Brasse-Bouillon contre Folcoche, on ne peut pas faire autrement.

Et ma grande découverte de l'été : Philippe besson. J'ai commencé par "un homme accidentel", qui a éveillé ma curiosité. Même si j'ai eu un peu de mal à croire à l'intrigue, je n'ai pu résister aux accents de sincérité des passages sur le coup de foudre et le manque amoureux. J'ai lu ensuite "en l'absence des hommes".
Alors là, je suis restée baba, comme disait ma mère. Mon coeur a battu au rythme de cette histoire d'amour peu commune et pourtant universelle. Et ce style, si bien en accord avec la période évoquée (1ère guerre mondiale) et cette construction ou le narratuer s"adresse directement à ces interlocuteurs! Quelle émotion et quel plaisir  m'ont procuré ce roman!!!

Quoi d'autre encore? Echenoz avec son "je m'en vais" , amusant et léger quoique un peu cynique! et quelques recueils de nouvelles des "Noires de Pau", un concours qui a lieu ici depuis plus de 10 ans.

Et vous? Qu'avez-vous lu cet été?

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18 août 2009

Pause café....

...les commentaires.

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16 août 2009

Souffler...

...les bougies du deuxième anniversaire du Chantier.

Regarder en arrière et mesurer le chemin parcouru.

Deux années à jouer avec les mots et à partager le résultat avec vous.

Deux années à poser des pierres pour baliser mon territoire.

Deux années à construire patiemment un univers intérieur.

Et maintenant?  Panneau_fl_che

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14 août 2009

Chat vous dit?

Je suis presque rentrée!
Les valises sont vidées,  le réveil s'apprête à reprendre du service.
Encore quelques jours de répit, de douce volupté estivale...

Alors, je me laisse vivre...

_t__2009_paris_398

En attendant, si comme moi, vous avez fini tous vos devoirs de vacances et que la plume vous démange, vous trouverez  un appel à texte sur le blog de Françoise Guérin, Mot compte double.

La proposition est originale et c'est ici : http://motcomptedouble.blog.lemonde.fr/relations-textuelles-appel-a-texte/plume

plume

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12 août 2009

Souvenirs...

...d'un parfum

On n’y pensait plus. On avait même enfermé cette histoire dans un coin de grenier mental plutôt sombre. Bouclé à double tour.
On marche dans la rue ou bien on patiente sagement dans la file d’attente. C’est égal, on a la tête dans le vague du quotidien.
Quand soudain le parfum vient cogner à la porte du souvenir. Il fait sauter les verrous. L’espace d’une respiration, on bascule dans une réalité oubliée. Une voix, un regard, une peau.
Tout est là, déballé au bord du cœur. On ferme à demi les yeux, on alentit le geste, on s’absente.
Mais déjà le parfum s’éloigne. On cherchera, nez au vent, un reste du passé.
C’est fini, tout est rangé. Le cœur tremble juste encore un peu.

fabienne novembre 2008

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09 août 2009

Souvenirs...

...de mon voisin

C’est mon voisin. Les voisins, c’est comme la famille, on ne choisit pas. Ils sont là quand on arrive ou bien ils arrivent quand on est déjà là. On n’a pas son mot à dire ; Pas de vote, pas de cooptation, pas de période d’essai. On se prend le voisin de plein fouet, un beau matin en partant bosser. Il sort la poubelle ou son chien et on le découvre d’un coup dans le paysage, dans notre paysage. Il s’intègre ou ne s’intègre pas, c’est pareil, il faudra faire avec.

Donc, ce voisin là, je l’ai découvert en arrivant ici, il y a quelques mois. C’est un voisin ordinaire comme il doit en exister des milliers un peu partout. Oui, ordinaire. Célibataire aussi, à plein temps. Bruyant ? Juste un peu. Disons qu’il n’a pas la même perception du bruit que les autres. Fermer une porte, une fenêtre, ce n’est pas bruyant en soi, sauf si on ne retient pas son geste , si on laisse claquer la porte ou la fenêtre. Voilà, c’est ça, il ne se retient pas . Il ne se retient pas de laisser claquer la porte, il ne se retient pas de chanter en sortant la poubelle. Il ne se retient pas de me saluer bruyamment et de loin. Il ne se retient pas non plus de partir promener son chien, mal fagoté, le bord de la chemise qui pendouille sur les fesses, de vieilles sandales battant aux pieds. Et ces mégots qu’il jette devant l’entrée de la résidence, marquant son territoire, comme une bête sauvage… C’est mon voisin…

Fabienne

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06 août 2009

Souvenirs...

d'infinitif

Raccrocher le téléphone. Marquer la page, poser le livre.
Se lever.Fatiguée.
Se lever. Marcher jusqu'à la cuisine. Préparer le repas.
Rincer, couper les légumes. Ne pas penser.
Déballer, couper la viande. Ne pas penser.
Chauffer, tourner, saler, poivrer. Sans réfléchir.
Guetter l'heure du retour. Comment leur dire ?
Ne pas leur dire. Impossible.
S'asseoir. Pleurer. Pleurer encore.
La porte ? Non, trop tôt, dans vingt minutes, seulement.
Se souvenir. Son rire, sa voix ; ses mains, ce matin encore. Des larmes.
Oublier le téléphone, oublier les mots de feu, oublier la lame dans son cœur.
Tenir son ventre, ne pas vomir.

Qui appeler ? Sa mère, son frère ? Trop loin, trop dur de parler.
Se relever, finir le dîner.

Se secouer. Bouger, ranger, nettoyer.
Ne plus penser. Tenir, tenir.
Mettre le couvert, compter les assiettes. Non !
Pleurer, encore, encore.
Ne plus contrôler les rafales de chagrin, sentir son cœur se déchirer,
craquer de toutes parts en longs gémissements.
Serrer les mains, taper des poings. Crier, pleurer. Pleurer. Pleurer.
Regarder l'heure. Penser à eux. Bientôt leur retour.
Comment leur dire ? Tout dire en bloc ? Trop difficile.
Donner les détails de l'accident ? Imaginer, voir la douleur, souffrir.
S'asseoir, les jambes coupées. Respirer, respirer.
Guetter les pas dans l'escalier. Se concentrer, ne plus penser, attendre.
Ne plus l'attendre. Des larmes dans les yeux, encore.

Non, guetter les pas, bien écouter. Ne plus pleurer.
Finir le dîner. Laver, essuyer, ranger.
Du bruit dans l'escalier. Se figer. Se vider. S'affoler.
Poser les yeux sur la porte. La regarder s'ouvrir sur leurs sourires.
Sentir les larmes revenir. Sentir son cœur défaillir. Se retenir. A qui, à quoi ?
Parler pour ne pas les affoler. Pleurer. Parler. Les écouter. Les consoler.
Non, juste les caresser, les embrasser. Mêler leurs larmes dans les baisers.
Les entourer, les envelopper, les protéger.
Ne plus bouger, enlacés, enchaînés.
Ne pas les lâcher, ne pas pleurer, les aimer encore et encore.
Sans arrêt ,sans réserve, les protéger, monter un mur, une forteresse
pour éloigner à tout jamais les mortelles pensées.

Fabienne

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03 août 2009

Souvenirs...

...de mon pays d'écriture

planisphere


Mon pays s'arrime aux  rives de l'inconscient

Il est territoire et monde à la fois

Une langue de terre tournée vers l’intérieur

Il existe, à moi de le savoir

Je le visite quand je suis seule, le soir

Du connu vers l’inconnu je pose mes pas

Les mots me sont repères, lanternes, lumignons

De lettre à l’être je trace ma route

Je jalonne, façonne, mes mains sont outils

Mes yeux miradors, je veille sur l’oubli

Indolente, je caresse mes lignes d’envie

Impatiente, j’affole les signes de vie

Images émues qui jaillissent

Et remuent mes entrailles

Images ténues que je garde

Et rappelle au bord des cils

En pays d’écriture j’accomplis un voyage

Un si long, si lent, si beau voyage

Au pays de l’écrit, je m’enfuis, je crie, je vis

D’écrire je me rassemble, je me ressemble

Fabienne 11.08.08

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