25 août 2009
J.E.T.A.I.M.E
Je t'aime.
Trois mots hors du temps.
Trois mots fanés, usés, transparents.
Trois mots limpides, brillants, évidents.
Trois mots irremplaçables.
Je t'aime, trois mots pour surligner une seconde
Depuis le temps qu'on les dit, qu'on les souffle dans un murmure, qu'on les jette dans un cri.
Rien d'autre que ces trois mots là, sept petites lettres:
Je t'aime.
Je t'aime là, maintenant, tout de suite
Je t'aime pour toujours ou pour trois minutes
Je t'aime, sésame de tous les possibles
Je t'aime, chavirement magnifique de l'horizon
Je t'aime, cœur emporté, explosé, crucifié
Je t'aime, trois notes d'une musique éternelle
Je t'aime, trois couleurs pour un ciel de vie
Je t'aime avec mes yeux, ma bouche, mon sang
Je t'aime du bout des doigts, des lèvres, de la langue
Je t'aime en tout, en entier, enfin
Je t'aime le jour, la nuit, entre les deux aussi
Je t'aime en plumes, en perles, en douceur
Je t'aime en brûlure, en déchirure, en douleur
Je t'aime et je ne t'aime plus et je t'aime encore
Je t'aime malgré moi, malgré toi, au-delà de nous
Je t'aime en creux, en vide, en gouffre
Je t'aime et j'ai peur, je crie, je pleure
Je t'aime et je prie, j'implore, je subis
Je t'aime pour un mot, un geste, une odeur
Je t'aime pour rien, pas bien, si mal
Je t'aime et je le dis
Je t'aime et je me tais
Je t'aime et tu m'entends
Je t'aime et tu t'en vas
Je t'aime et je te regarde
Je t'aime et tu ne me vois pas
Je t'aime
Trois mots caresse, trois mots prière, trois mots supplice.
Sept lettres pour lier le monde.
Fabienne mai 2009
02 juillet 2009
Une lettre

Ecrire une lettre
Puiser au flux de son cœur l’encre et les mots.
Poser sur le papier l’intimité de son âme.
Ecrire une lettre d’amitié, d’amour, ou de chagrin.
Ecrire une lettre à l’autre que l’on devine sans le voir.
Et la poster, cœur battant, dans un souffle d’espoir.
Ecrire une lettre un soir d’été ou un matin d’hiver,
Poser son chagrin sur les lignes bien nettes,
Le canaliser, le dompter, le moduler,
Pour le voir partir, loin de soi.
Le donner, l’offrir, le partager
Pour en diminuer le poids.
Ecrire une lettre au soleil d’automne
Laisser couler au gré des arabesques
Le jus de son âme juste pressé
Laisser paraître au fil des lettres- lianes
La douceur de son cœur si souvent étouffé.
Et dans le geste qui cèle l’enveloppe,
Espérer ardemment recevoir à son tour
Une page pliée, un billet, même court,
Une lettre, doux message murmuré
Dans le creux de son cœur émerveillé.
Fabienne
02 juin 2009
S'en aller?

Je suis venue te dire que je m’en vais.
Pour les chaussettes sales que tu laisses traîner ?
Pour le balai que tu n’as jamais voulu passer ?
Pour les mégots en vrac dans les cendriers ?
Non.
Je suis venue te dire que je m’en vais
Pour bousculer les habitudes et brouiller les années
Pour les 2 sucres dans le café et les géraniums sur la même fenêtre
Pour l’amour du samedi soir et le poulet du dimanche midi
Pour toutes ces vacances à l’île de Ré et tous ces repas de quartier
Je suis venue te dire que je m’en vais
Pour donner à mon cœur de nouvelles lois
Je suis venue te dire que je m’en vais
Pour ouvrir les yeux sur d’autres premières fois
Fabienne (Texte écrit en 2008 pour les défis du samedi)
15 mai 2009
Tauto quoi?
Tautogramme
écrire un texte dont tous les mots commencent par une ou deux lettres préalablement choisies.
J'ai choisi C et N

Naufrage
Noirs nuages
Ciel crevasses
Contre courant
Navire chavire
Coque crevée
Corps coincés
Crier, craquer, clouer
Nuit céleste
Noir naufrage

Carnaval
Nature chérie
Chemin cueilli
Ciel nuance chaleur
Corps nénuphar
Nuages caressés
Chevauchées, cavalcades
Chien, cheval, chacal
Céleste carnaval
Fabienne mars 2009
14 mars 2009
Tardieusement vôtre
Choisir un extrait de poème et continuer selon son inspiration mais en respectant le style de l'auteur...
Le monde est hier
Tout le monde il est là
Comme
les autres jours
Mais
c’est un autre jour
C’est
une autre lumière
Aujourd’hui
c’est hier*
Tout
le monde il est là
Les
zoiseaux, les zinzins
T’as
pas vu mon jardin?
Y’a
des piles à gogo
Et
des chats face de rat
On
s’embrasse, on se tue,
On
s’embarque, on n’veut plus
S’en
aller sous la terre
Siffler
l’eau et la boue
Sans
doute une autre terre,
Y’a
plus personne dessus
Les
zoiseaux, les zinzins
Sont
partis, on s’en fout.
Qui
qu’a vu le soleil ?
S’est
caché pour toujours
A
rangé ses rayons
Le
soleil est un con
Y’a
plus rien sur la terre
Une
folie ordinaire
A
bouffé l’atmosphère
Que
d’la boue, voilà tout
Effacé
au chiffon
Rayé
de l’univers
S’en
aller sous la terre ?
C’est
le tien, c’est le mien,
Allume
donc la lumière
Fabienne 11.03.09
*ce paragraphe est extrait d'un poème de Tardieu, "étude de voix d'enfants"
06 mars 2009
Mes mots lus
Janeczka, avec une grande générosité, a proposé de lire les mots des autres.
Je lui ai proposé de lire ce poème, et c'est ICI .
Tasse de thé
Le thé fumant frémit légèrement.
Le matin d’un monde encore
endormi
S’annonce doucement au carreau.
L’ombre grise de la nuit va
s’enfuir
Sous la caresse tiède du soleil.
Les volutes chaudes de l’or ambré
Flattent mes paupières embrumées.
Première gorgée, brûlure
délicieuse.
Le journal déploie ses vapeurs
d’encre,
Les titres aguicheurs me font de
l’œil.
Ils se battent pour le premier
rôle.
ACCIDENT MORTEL SUR LA NATIONALE
GREVE SAUVAGE DANS LES TRANSPORTS
DEBATS SANGLANTS ENTRE LES DEPUTES
Qui coiffera les lauriers du
vainqueur ?
Petites gorgées de chaleur douce
Pour mon âme en train de
s’éveiller.
Je veux ce matin détourner les
yeux
De ces mots agressifs et
ravageurs.
Je veux ce matin éloigner de moi
La noirceur et la folie des
humains.
J’appelle à mon réveil le bonheur
D’un matin vierge de toute encre
noire.
J’appelle à mon réveil la douceur
De ton regard tendre et lumineux.
Je réclame la caresse amie
De ton souffle sur ma joue
endormie,
L’accident de ta main sur la
mienne,
Le débat émouvant de nos deux
cœurs.
Je déclare la grève immédiate
De la lecture des journaux
matinaux.
A l’impression de ces titres
accablants
Je substitue l’édition de poèmes.
Je ne veux plus tâcher mes doigts
A l’encre si noire des esprits
chagrins.
La beauté du monde existe sans
doute.
Dans l’iris pailleté de tes yeux
Je veux la saisir au quotidien.
Dernière gorgée de rêve soyeux.
La cuillère tinte dans la tasse.
A l’encontre du monde je m’en
vais.
Fabienne 2008
28 janvier 2009
Il était temps
Que celui qui ne s'est jamais plaint
de manquer de temps,
jette la première horloge...
Le temps qui court,celui qu'il fait,
Le temps qu'on perd et celui qu'on se donne,
Temps imparti mal réparti,
Tant de minutes farcies de secondes
Qui font une heure et puis une autre
Le temps se joue de tous nos tours
Il s'imagine être vainqueur
Quand au détour d'un quart de tour
On le rattrape, on le ceinture,
On l'apprivoise, on le domine
Il ne file plus dans l'air du temps,
Il est tranquille, il est charmant
Il sourit même de temps en temps
Alors, en deux temps trois mouvements
On se repose, on se détend
On peut bien dire maintenant
Qu'on a le temps, qu'on a le temps...
14 janvier 2009
Funambule
Tu marches en équilibre au bord de son coeur.
Tu funambules de la pointe du
pied sur le rebord de sa vie, tu n'as pas le droit à l'erreur.
Pas
question de poser un pied à l'intérieur du cercle.
Tu te débrouilles
pour garder l'équilibre.
Ta place, elle est juste là, précisément là,
Et pas ailleurs, pas dans le quotidien, pas dans le courant, pas dans
l'ordinaire.
Tu n'es qu'une ombre fragile, sensible au moindre souffle.
Parfois elle te rejoint sur le fil et vous marchez de concert,
Sur la
pointe du coeur pour ne pas qu'ils vous entendent.
Vos voix se font
murmures, vos mains se frôlent à perdre haleine.
Vous êtes invisibles,
vos corps cachés dans l'ombre juste de l'amitié.
Et dans le désert de
leur vigilance, une oasis lumineuse, l'empreinte de votre amour.
21 novembre 2008
Rêve irisé
un rêve irisé sur une
mer sereine,
une sirène amusée sur
une arène en or
une reine courroucée
sur un coussin nacré.
nous sommes emmenés.
une souris mauve sur
un mur si noir,
un ours aviné au
sourire si sûr,
un oiseau cerise venu
sans sa croix,
nous sommes emmenés.
un sourire sans voix
évanoui en moi,
une rose carmin sur
ma veine si crue,
nous sommes un cri à
venir,
nous sommes un cri à
mourir.
Devinette
quelle était la consigne d'écriture qui m'a conduite à écrire ce texte????
03 novembre 2008
En vie de poésie
Je cherche la poésie
Ici, là-bas, sans
répit
Je demande aux
passants
Rien à faire, c’est
navrant
Je cherche la poésie
Sur les murs, sous le
lit
Dites-moi, c’est
important !
Quelle vie sans
poésie ?
Poésie, poésie,
Une vie sans poésie
Une vie sans fantaisie
On ne vit sans envie
Qu’une vilaine vie
Je cherche la poésie
Et par hasard je la
touche
Dans la rose
effeuillée
Sur l’arc de ta
bouche
Dans ses yeux
pailletés
Je cherche la poésie
Au soleil de mes
nuits
A l’encre de la vie
Envie de poésie
En vie de poésie
Fabienne 2008

