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25 juillet 2009

Les vacances de Martine 4/4

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-Laissez-moi voir ça.

D’un geste sûr elle tâte la cheville endolorie.

-Une légère entorse. Il faudrait un peu de glace et du repos.

-Habituellement je préfère mettre la glace dans mon martini, mais si vous y tenez…Quant au repos, j’y suis justement. Quelques jours entre deux missions.

Martine a levé les yeux vers le visage de l’inconnu et ne peut retenir une exclamation de surprise.

-Oh ! James !

-Ma chère, on ne peut rien vous cacher !

-Votre séance de jogging s’arrête ici, on dirait. Mon hôtel n’est pas loin. Voulez-vous mon aide pour boitiller jusque là ?

-Inutile de vous donner tant de peine mademoiselle… ?

-Martine.

-Martine !

Il presse le médaillon qu’il porte autour du cou. Aussitôt, un scooter des mers, qui évoluait à quelques distances de la plage, se rapproche à grande vitesse et s’échoue sur le sable. Sautant de l’engin, un colosse au regard sombre se précipite à grandes enjambées.

-Vladimir, aide-moi à monter sur la machine, ainsi que mademoiselle. Martine, vous viendrez bien à bord vous occuper de cette poche de glace ?

Martine acquiesce, rougissante et court reprendre son sac. Vladimir a saisi James dans ses bras et le porte jusqu’au scooter puis revient chercher Martine, toute émue de se sentir soulevée comme une fillette. L’engin démarre dans une gerbe d’écume et les voilà bientôt à bord d’un superbe yacht, dissimulé dans une crique.

Une fois installé sur le pont, les deux nouveaux amis font plus ample connaissance. James amuse Martine avec quelques anecdotes croustillantes sur ses dernières missions, tandis que la jeune femme lui masse la cheville avec douceur. Elle dispose ensuite la fameuse poche de glace fournie par un Vladimir mystérieusement réapparu. Martine se demande un instant s’il les a suivi à la nage.

La journée se poursuit de la façon la plus agréable qui soit. Au cours du déjeuner improvisé sous une pergola, Martine confie à James l’admiration qu’elle a pour lui et combien elle tremble de le voir parfois en difficultés. James lui dévoile alors quelques astuces de tournage.

Le jour s’incline, James et Martine contemplent un magnifique coucher de soleil. Les mots se sont enfuis, laissant place à un silence éloquent. Les épaules se frôlent et les mains…quand Vladimir, d’un ton brusque, intervient.

-Il est cinq heures.

Martine le regarde, étonnée. Il doit être bien plus tard que cinq heures puisque le soleil se couche. Vladimir insiste.

-Il est cinq heures mademoiselle !

La saisissant aux épaules d’un geste brusque il crie presque.

-Il est cinq heures !

Martine se débat, repousse les mains puissantes. Rien à faire, elle ne peut éviter la voix tenace qui envahit son esprit.

-Martine, il est cinq heures ! Il faut te réveiller ma chérie! On part en vacances !


Bonnes vacances à tous!


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23 juillet 2009

Les vacances de Martine 3/4

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Martine sort doucement du sommeil sous la caresse d’un rayon de soleil qui taquine le rideau. Repoussant les draps de soie, elle s’étire avec de petits soupirs d’aise, puis se lève d’un bond pour se précipiter sous le jet massant de la douche. D’un doigt gourmand elle pianote sur le clavier de commande. Force un, une brume légère effleure sa peau. Force deux, l’étreinte se resserre, Martine ferme les yeux. Force trois, la puissance aquatique se déchaîne, les dernières traces de sommeil sont balayées. Inutile de se presser, personne ne viendra réclamer son tour en tambourinant sur la porte avec vigueur.

C’est presque à regret qu’elle quitte son cocon liquide. Mais bientôt la perspective de cette nouvelle journée de vacances dessine un sourire sur son visage. Qui sait ce qui l’attend aujourd’hui ? Hier déjà, elle sait qu’elle a passé une journée délicieuse. Sur la place du marché, devant l’étal du primeur, elle a fait une rencontre inattendue. Tandis qu’elle tâtait quelques melons à la recherche du spécimen parfait, elle écoutait d’une oreille légère la conversation d’un client avec la jeune vendeuse. On cherchait à connaître la recette de la pipérade, et la jeune fille avouait son ignorance avec un sourire désarmant. Martine offrit ses connaissances culinaires au bel inconnu qui, pour la remercier, l’emmena déjeuner sur la corniche. Elle finit par reconnaître A. D., l’acteur en vue du moment.

Que lui réserve donc cette nouvelle journée ? Sous un  ciel radieux, Martine sort de l’hôtel pour se diriger vers le bord de mer. Sa robe légère frémit sous la brise matinale, dévoilant ses jambes déjà hâlées. Sur la plage, quelques surfeurs assidus guettent la vague. Martine s’installe à l’écart et sort de son sac le troisième tome de la saga des morts vivants : « les cercueils se rebiffent »


Elle laisse un instant errer son regard sur l’horizon. Quelques voiliers presque transparents dans la brume marine l’entraînent au fil une rêverie charmante, quand soudain entre dans son champ de vision une silhouette masculine trottinant sur la grève. Délaissant les mirages de l’horizon, Martine s’attarde sur le corps musclé du coureur. Un short moulant souligne une anatomie parfaite et sur son torse nu brille un médaillon argenté. Aïe ! L’homme a chuté lourdement sur le sable. Il grimace en tenant sa cheville. Voyant que les surfeurs ne quittent pas des yeux la houle, Martine abandonne les morts vivants pour se porter au secours du blessé.

à suivre...

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21 juillet 2009

Les vacances de Martine 2/4

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-Maman, maman, ça y est on est en vacances ! On n’a même pas travaillé aujourd’hui. On a fait une méga teuf dans la classe.

-Maman, maman, j’ai préparé ma valise ! Je peux prendre ma console, dis, je peux ?

-Maman, maman, il faut absolument acheter de la crème solaire avant de partir ! Je ne veux pas risquer un cancer de la peau à treize ans. Non vraiment, c’est trop jeune pour mourir.

-Chérie, j’ai pensé que nous pourrions partir vers six heures demain matin pour éviter les bouchons. Tu ne sais pas où sont les tapis de plage ?

Sous l’assaut féroce des forces ennemies, Martine chancelle un instant. Et tandis qu’elle distribue une volée de baisers pour se donner le temps de se ressaisir, la petite phrase insidieuse s’empare définitivement de son esprit : " Partir seule deux jours".

A compter de cette minute, ces quelques mots taraudent le cerveau de Martine comme un ver creuse une pomme : lentement mais sûrement. Pourtant Martine ne quitte pas un instant son poste de capitaine du bateau- maison. A la veille de ce départ pour la côte basque, il n’est pas question de lâcher le gouvernail.
Vérifier et boucler les bagages, « les patins à roulettes sont inutiles sur le sable, mon lapin »
Charger le coffre de la voiture, « chéri, je crois qu’il vaut mieux mettre d’abord la valise bleue et ensuite le sac rouge »,
Arroser les plantes vertes, porter les clefs à la voisine, « oui, ma grande, je t’autorise à prendre mon tee-shirt à paillettes »

C’est une Martine épuisée qui s’effondre sur le lit conjugal à une heure tardive, tandis que Chéri programme le réveil à cinq heures avec un sourire ravi. Martine renonce à le féliciter pour cet acte courageux, lui qui, pour son premier jour de vacances, va se lever deux heures plus tôt que pour aller travailler. Même en vacances, Chéri n’a pas d’humour.

à suivre...

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19 juillet 2009

Les vacances de Martine (1/4)

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Je feuillette, tu feuillettes, nous feuilletons!

En attendant de mettre ce blog en vacance(s),
voici un petit feuilleton léger et sans conséquences...


Enfin les vacances ! Adieu bureau, boulot, fichiers et dossiers. Bonjour repos, détente, ballades et coquillages. On sera si bien au camping des "Trois crevettes", dans un mobil home flambant neuf, (moyennant un supplément conséquent), avec Chéri (enfin détendu) et les enfants ( trois amours) !

Martine veut croire que ce séjour ne ressemblera en rien à celui de l’an dernier, avec son lot de coups de soleils, caprices au restaurant, otites subites et tentative de noyade entre frères. Non, cette année, Chéri et les enfants ont promis : ils seront sages, attentionnés, obéissants. Chéri partagera les tâches ménagères, les jumeaux se battront sans objets contondants, et mademoiselle fille aînée surveillera efficacement son humeur adolescente. Des vacances de rêve, dans un endroit idyllique, avec une famille idéale !

A la veille de ce départ tant attendu, Martine ne peut empêcher une idée saugrenue de se glisser dans son esprit. Si seulement elle pouvait  partir seule pour deux jours !

Deux jours pour elle seule ! Deux jours à ne rien partager ! Deux jours jalousement, merveilleusement égoïstes ! Sans mari, sans enfants ! Partir seule !

Dans l’autobus qui la ramène inexorablement vers son quotidien d’épouse et de mère, Martine se laisse aller à une douce et inoffensive rêverie. Partir …Le choix de la destination occupe toutes ses pensées. Comme ses yeux effleurent en passant la vitrine d’une agence de voyage, elle imagine : exotisme, chaleur, fleurs géantes, langue étrangère...Deux jours pour partir si loin, c’est trop court. La distance ne fait rien à l’affaire, l’essentiel est dans le départ.

La mer par exemple, se perdre en longues promenades solitaires sur une plage déserte, la caresse du vent qui frôle ses cheveux, le doux murmure de la vague qui taquine ses orteils…Mais où trouver une plage déserte en plein mois d’août ?

La montagne, voilà une bonne idée ! S’oxygéner au fil de longues marches sur la rocaille de sentiers charmants, se perdre dans la contemplation de sommets inconnus et majestueux, guetter l’empreinte de l’animal sauvage ou saisir le vol élégant du rapace qui joue avec les nuages… Soudain Martine ressent au talon la brûlure d’une ampoule imaginaire, conséquence douloureuse de son manque d’entraînement à la marche en montagne. Déjà, elle s’essouffle sur les pentes escarpées, sa cheville vacille sur un éclat de rocher capricieux.

Et la campagne ? Une campagne encore sauvage, vierge de toute activité humaine, de longues ballades bercée du seul chant des oiseaux, parfumées des senteurs douces de l’herbe chauffée au soleil, des haies d’églantiers, des fleurs sauvages, graciles silhouettes colorées qui illuminent les talus. Sur les traces du poète, retrouver le goût d’un bonheur simple et champêtre, se défaire du clinquant et du mercantile…

Station des Lilas. Martine quitte l’autobus en soupirant. Comment choisir une destination qui accueillera ses envies de quiétude, de silence, d’espace ?

à suivre...

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29 mars 2009

Le secret de Martine

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Paresseuse ! Voilà bien un qualificatif dont personne n’aurait songé à affubler Martine. Dans son entourage on ne tarissait pas d’éloges sur cette femme active, organisée, maîtrisant son temps d’une main de fer. Un temps pour chaque chose, chaque chose en son temps.

Lundi repassage

Mardi grand ménage

Mercredi le marché

Jeudi…

Semaine après semaine, un emploi du temps établi à la minute près. Aucune surprise, aucun laisser-aller.

Organisation, rigueur, efficacité

sont les trois mamelles de la femme moderne  !

 

Mais qui sait ce que pouvait bien faire Martine le mercredi de 18 à 20 heures ?
Personne ! Officiellement, atelier d’écriture. Seulement voilà, après trois séances plutôt ennuyeuses, Martine a eu l’idée audacieuse de ne pas annoncer la fin de l’atelier. Pour son mari, ses enfants, ses proches, le mercredi de 18 à 20 heures c’est atelier. Elle se prépare dès 17 heures 30, rassemble cahier, trousse et lunettes, s’assure que le dîner est prêt, « juste à réchauffer, chéri ! », un dernier baiser pour l’enfant qui planche sur quelque leçon et hop ! Martine est partie. « Ecris bien, ma chérie ! »

Ecrire ! Quelle idée ! Ecrire, lire, visiter les musées, les expositions, Martine a donné. En mère modèle, elle a traîné ses enfants, pour leur bien et leur éveil culturel, de château en expos, de musée en ciné. Aujourd’hui c’est fini. Les petits loups préfèrent Internet et l’écran plat ? Qu’à cela ne tienne ! Martine s’accorde à présent un temps de récréation qu’elle estime avoir mérité. Pour quoi faire ? Justement, ne rien faire. Pas de prévision, ni de rendez-vous. Rien que cette plage de temps vierge de toute décision.

Où aller ? Aucune importance. Saisir la première terrasse de café qui passe et s’installer, tranquillement. Siroter une tasse de thé, nonchalamment, en laissant errer son regard sur les passants affairés. Ne pas penser. Ou plutôt penser dans le vague, l’incertain, le conditionnel.

 

Avec des « si », s’envoler pour Marrakech ou Djakarta,

rêver à dos de chameau, s’attarder sur le bord d’une piscine,

s’éventer à l’ombre d’une tonnelle.

Languir, s’alanguir, ne plus souhaiter, ni désirer,

étirer le temps en pâte souple et malléable.

 

Martine accorde peu d’importance au cadre choisi pour cet atelier de paresse. Le professeur est inutile, elle s’est formée sur le « tas ». Elle, si active, a bien compris que ce temps d’inactivité lui devenait vital. Il était indispensable qu’elle puisse recharger ses batteries de femme multiple. Et qui, sinon, elle-même, allait lui donner cette possibilité ?

Dans la jungle du quotidien, c’est chacun pour soi et dieu pour les autres. Il lui semblait si légitime de suivre les traces de sa mère dans cette course à la perfection. Autour d’elle, on la félicitait, on l’encourageait dans cette voix. L’âge venant, elle avait pris le temps de réfléchir, et le fruit de cette réflexion la conduisait désormais chaque mercredi sur une chaise, immobile, inactive, inutile. Inutile pour la communauté, peut-être. A son avis, ce temps mort ne lui avait jamais paru aussi vivant. Enfin elle se sentait exister pour elle-même. Ce moment d’intimité retrouvée lui permettait de se recentrer sur ses propres sensations.

De la paresse ? Non, de la sagesse !

 Et comme il avait été facile, finalement, d’opérer ce léger décalage dans son emploi du temps, d’insérer cette pause de deux heures dans l’enchevêtrement d’activités primordiales. A tel point que Martine réfléchissait maintenant à la possibilité de voler d’autres espaces temps, d’autres oasis de paresse, au nez et à la barbe de tous ces gens emballés, excités, "surbookés".

Oui, Martine avait pris goût à ces moments de grâce. Elle avait succombé au pêché, croqué avec délice la pomme de la paresse. Elle rêvait à présent d’une vie entièrement dédiée à cette activité. Paresseuse du matin au soir, paresseuse à temps plein, capitalisant des points de paresse pour une retraite au soleil, recevant le diplôme de la plus grande paresseuse du monde. Organisant des séminaires sur l’art de la paresse, écrivant des livres remplis de conseils judicieux :

« La paresse et vous : une histoire d’amour »

« La paresse en dix leçons »

« Paresseuse et fière de l’être »

Bip, bip, bip ! Martine s’agite sur sa chaise, la cuillère tinte dans la tasse, le thé a refroidi. Du fond de son sac, une montre manifeste son impatience. La récréation paresseuse est terminée!

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10 juillet 2008

Martine au bureau

Pour ceux qui ne sont pas encore en vacances, voici des nouvelles de Martine

Une Martine un peu fatiguée, comme vous qui cochez les jours sur le calendrier...

Sur le mien il reste 9 jours à barrer!!!

Et vous?



Bertignac dans un sac ! Bertignac dans un sac ! Bertignac…

Martine ne peut plus se débarrasser de cette ritournelle depuis qu’elle est montée dans le bus. Bertignac dans un sac.

Université. Pourquoi un sac ? Ça pourrait aussi bien être un bac ou un lac, mais non, voilà vingt minutes qu’elle fourre mentalement Bertignac dans un sac. Il faudrait un grand sac.

Alsace-Lorraine. Genre sac postal avec une corde bien solide pour le fermer en haut et une étiquette cousue sur laquelle on pourrait noter une adresse. Lointaine, l’adresse. Vancouver, Vladivostok. Loin. Très loin de Martine. Le plus loin possible.

Les halles. Plus de Bertignac. "Commencez donc par faire du café, Martine. Dans un sac. Le dossier machin, sur mon bureau, 5minutes". Bertignac. Dans un sac.

Terminus. Une sale journée qui commence, avec du Bertignac dans la tête avant même de voir sa tronche de Bertignac. Mauvais, ça. Tu nous ferais pas une petite déprime, Martine ? Un petit coup de fatigue ? Déprime ? Fatigue ? Overdose, oui !

Badge. Porte. Ascenseur. Le cœur qui s’agite, le ventre en carton, la gorge ceinturée.

Martine connaît bien les symptômes de l’overdose. Dans la journée elle aura même quelques sueurs froides et un étau sur les tempes.

Aux grands maux les grands remèdes.

-Salut Martine. Petite mine ce matin.

-Une cochonnerie au dîner, hier soir.

-Berti te cherche.

Coup d’œil à la pendule, huit heure trente, normal, premier café. "Chaud, avec deux sucres, Martine, deux sucres".

Mais d’abord tiroir. Feuille de congés. Congés à solder d’urgence.

Oui, monsieur, je me rend compte que ce n’est pas le moment. Non, monsieur, je ne fais pas exprès. Il faut solder avant la fin du mois prochain, c’est ce qu’ils ont dit au bureau de la DRH. Bien sûr, monsieur, j’aurais fini d’éplucher les dossiers X-Y-Z avant de partir. Merci monsieur.

Voilà une bonne chose de faite. 3jours, avec son mercredi de RTT et le jeudi férié, ça lui fait une semaine. Huit jours pour débarrasser son cerveau des toxines laissées par l’overdose. Mais quelle imprudence de sa part d’avoir arrêter, même temporairement, le traitement préventif. Ce n’est pas raisonnable, vraiment. Surtout pour une énième histoire de régime. Aujourd’hui, il va falloir doubler la dose. Quatre au lieu de deux.

Autant commencer tout de suite. Tiroir. Tablette.

-Oh ! C’est du 70% ? Tu m’en donnes un carré ?

chocolat

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17 juin 2008

Martine

Connaissez-vous Martine? Vous savez, ces albums cartonnés de notre enfance: Martine à la ferme, à la campagne, à la mer...
Je me régalais de découvrir les histoires de cette jeune fille de bonne famille, courageuse mais pas téméraire, dont les aventures me paraissaient accessibles. Et puis ça faisait tellement plaisir à maman de nous acheter ces albums! Elle n'avait pas dû en voir passer beaucoup dans son enfance.
Bon, nostalgie mise à part, nous avons grandi, n'est-ce pas les filles?
Alors je me suis dit que ça pourrait être sympa de faire grandir Martine.
Martine c'est toi, c'est moi, c'est nous!
Martine, elle est unique et universelle.

Bienvenue chez les adultes, Martine!



« Sur le rythme, j’impulse,

Je frappe, je tape, je claque !

Un- deux- trois- quatre !

Sur le rythme, sur le rythme !

Martine, j’ai dit on impulse ! »

 Ah ! Je voudrais bien l’y voir, Luis, avec mon surpoids sur les épaules. Il impulserait un peu moins, le coco !

Avec son petit cul de végétarien, c’est plus facile, tiens !

Et vas –y, un coup à droite, et un coup à gauche, dans le rythme ! Tout le monde n’est pas né avec un métronome entre les reins. Pff !

 « Sur le rythme, sur le rythme ! Allez, Martine, sur le rythme ! »

 Mais qu’est-ce qu’il a à toujours s’occuper de moi ! Tu crois qu’il s’en prendrait à Davina et son brushing parfait ou à Véronique et sa tenue fashion ? Non ! Martine par-ci, Martine par-là, toujours Martine !

 « Sur le rythme, les filles, on impulse, un-deux-trois-quatre, haut les bras, haut les bras ! »

 Sur le rythme, elle impulse rien du tout, Martine, rien du tout ! Elle est vannée, Martine, lessivée, rétamée !

Ah ! Tu veux du rythme, Luis ! Viens suivre le rythme de Martine !

Viens demain matin à 5H30 pour démarrer la journée par une petite séance de repassage ! En rythme, Luis, en rythme !

Viens ensuite réveiller les trois amours et les préparer pour l’école. Viens faire le café du grognon de service, jamais de bonne humeur avant 10h.

Viens me rejoindre au bureau avec Bertignac, chef comptable et despote à plein temps. « Chaud, le café, Martine ! Et le dossier Machin, c’est prêt ? Pour votre feuille de congés, on verra plus tard ! »

Toujours en rythme, Luis, viens faire la queue au self et décider qui, du bœuf bourguignon décongelé ou du pain de poisson anémique, aura le privilège de faire monter ton cholestérol ! Heureusement qu’il reste un éclair au chocolat pour se consoler du café synthétique !

Allez, Luis, on garde le rythme pour galoper après le bus et ne pas être en retard à l’école. Les trois amours n’aiment pas rater le début de leur série préférée.

Et pour le dîner, Luis, tu as une idée ? Quelque chose qui plaira aussi bien à monsieur grognon qui a perdu sa bonne humeur après 18H et aux trois monstres affamés de frites et de ketchup !

Bonne nuit, Luis, mais n’oublie pas d’enclencher une machine à laver avant de t’effondrer sur le lit, histoire de nourrir la corbeille de linge à repasser.

 « Sur le rythme j’impulse, Martine, ce n’est pourtant pas difficile ! »

 Argh ! C’est en rythme que je vais étrangler ma sœur pour son stupide cadeau d’anniversaire. Des cours d’aérobics ! Moi, je voulais faire du yoga ! ! !

« Martine? Où vas-tu Martine ? Le cours n’est pas terminé ! »



( J'ai écrit ce texte pour participer aux "impromptus littéraires" sur le thème du rythme)

Posté par fabeli à 22:32 - MARTINE - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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