08 septembre 2008
Premières vacances
Dernier message dans la série "souvenir de vacances".
Un petit texte écrit à la terrasse du Touring, à Hossegor,
un matin que je m'étais échappée, en solitaire,
pour une petite pause café-stylo comme je les aime!!!
Ce
sont leurs premières vraies vacances. Des vacances de touristes, comme tout le
monde. Pas de retour au pays cette année. Le médecin a interdit les longs
trajets en voiture. Trente ans de ménage, les reins de Maria n’en peuvent plus.
Elle
a dit « on pourrait partir une semaine. Le
gendre de madame Rodriguez , il a acheté un studio sur la côte, il loue pour
l’été, on peut l’avoir »
Luis
a dit oui très vite, Maria n’en revenait pas. Pour une fois, la voiture était
presque vide. A deux pour huit jours, on part tout léger.
Bien sûr ici la vie
est chère, mais ils n’ont pas besoin de grand chose. Ils vont au marché, le
matin, un peu plus tard chaque jour.
La plage, non. Plutôt la promenade au bord
du lac salé, pantalon retroussé, les pieds dans l’eau. Luis guette le dos
argenté des poissons, Maria cueille des coquillages dans le creux de sa main.
Elle oublie toujours de prendre un sac. Mais elle n’a pas oublié d’envoyer une
carte postale à sa fille, dès le second jour.
Un
soir, ils iront prendre l’apéritif à la terrasse du grand café, celui qui est
au carrefour, avec des gens qui parlent toutes les langues. Ils iront, c’est
sûr. Avant de rentrer.
Hossegor juillet 2007
Rentrer, rentrée, vous avez dit rentrée?
Les vacances, c'est fini...jusqu'à la prochaine fois!
30 août 2008
l'auberge des mouettes
Soudain elles sont deux, les éclaireuses sans doute, à se poser en silence, atterrissage bref contre le vent. Comme répondant à un appel, les autres arrivent par deux, voir trois; les voilà bientôt dix à trottiner sur le sable, piquant du bec quelques vers savoureux.

Invité d’honneur, un échassier vient
parader parmi les mouettes à courtes pattes.
Monsieur promène un instant sa
haute silhouette et ses bottes jaunes avec majesté,
puis repart, nonchalant,
vers d’autres horizons.
Avec ou sans vedette, le festin se poursuit pour les
dames blanches affamées.
Pour finir on s’ébroue dans l’eau tiède qui lèche le
bord de l’île.
Et soudain c’est le départ. Sans autre avertissement qu’un
signal perçu d’elles seules, elles s’élancent, toutes ensembles, vers le port.
Quelques plumes oubliées au fil de l’eau témoignent de ce rendez vous que je
saurai bientôt régulier.
Capbreton 25.07.08.
27 août 2008
Tempo flamenco
Le 31 juillet lors de notre séjour au domaine Fompeyre à Bazas
nous avons eu le plaisir d'assister au spectacle de la "Pena alegria flamenca", formée de trois danseuses fort talentueuses.
Un moment de grâce !




22 août 2008
L'étincelle
Devoir de vacances! J'avais emporté quelques consignes d'écriture, piochées par-ci par-là. Celle-ci est proposée par "écriture ludique" : un incipit + des mots imposés. Je me suis bien amusée!

-C’est un glaçon, cette fille ! Elle congèlerait tout un régiment ! Regarde-la, emmitouflée dans son pull angora avec 35° à l’ombre !
-Toi, quand une fille
ne s’exhibe pas en bikini, tu la traites de glaçon ! La pudeur, la
timidité, moi je trouve que ça a du charme. Et quand tu la regardes bien,
Bénédicte, c’est pas une allumette, elle a des
rondeurs juste ce qu’il faut, elle est…moelleuse !
-Moelleuse ! Tu
rigoles ? Moelleuse ! Raseuse, oui ! Aucune conversation.
Tiens ! Demande lui donc son avis sur la crise du pétrole ou le dernier
logiciel de Machin-chose. R.A.D. Rien à dire. Silence radio !
-Oh ! Toi, bien
sûr, si on n’est pas féru de politique ou d’ordinateur…D’après
ce que je sais, elle est plutôt littéraire, Bénédicte. Et puis elle chante. Du Gospel, il paraît.
-Du gospel !
Ah ! Ah ! Et pourquoi pas des cantiques ! Bon, écoutes, moi je
te laisse la muette congelée et je vais me mettre plutôt sur sa copine
Amandine. Ça c’est de la bombe !
-Non ! Ne me dis
pas que tu vas courir après Amandine ! Tu as du souffle, j’espère. Parce
qu’une fille comme ça on court, on court, mais
on ne l’attrape jamais !
-Eh ! Ne sois
pas mauvais joueur ! Ce n’est pas parce que toi, avec ton asthme, tu ne
peux pas t’aligner sur la grille de départ…
-M’aligner ?
Pour une fille comme ça ? Non-merci ! Je préfère…
-Ecoute, voilà ce que
je te propose : Rendez-vous dans trois jours au bord de la piscine, et on verra qui a gagné.
C’est que… tu avais
raison ! J’ai eu du mal avec mon asthme.
-Avec ton
asthme ?
-Ben oui ! J’ai
vraiment cru que j’y passais !
-Quoi ?
Raconte ! C’est Bénédicte qui…
-Non ! Béné n’y
est pour rien, au contraire, elle m’a sauvé la vie !
-Béné ? Tu
l’appelles Béné ?
-Attends que je
t’explique. On avait un peu sympathisé lors de la conférence sur Saint Exupery,
au salon de l’hôtel. Et j’ai appris ainsi
qu’elle devait chanter le lendemain, à la chapelle de notre Dame du plus Haut,
tu sais celle qui…
-Oui, je sais, on y
accède par le téléphérique. Et alors ?
-Je voulais lui faire
une surprise, alors j’ai pris mon billet et je suis monté. Pourtant je le sais
que l’altitude…
-Oui, oui, ton
asthme ! Et alors ?
-Arrivé là haut,
déjà, je ne me sentais pas très bien. Je me suis assis, juste au deuxième rang.
C’était génial, elle a attaqué par un solo, elle était…
-Oui, oui !
Moelleuse, on le sait !
-Mais non, pas
moelleuse. Radieuse, elle était radieuse ! Mais au second morceau, moi je
n’allais plus du tout, trop mal pour saisir mes cachets dans la poche, je crois
même que j’ai perdu connaissance et …
-C’est toi qu’ils ont
redescendu dans l’hélicoptère rouge, hier
soir ?
-Mais non !
Qu’est ce que tu me chantes-là ? Non, quand j’ai repris mes esprits,
Bénédicte était penchée sur moi. Avec des mots doux elle cherchait à me
réconforter, elle m’a donné mon inhalateur, et…
-Oui, oui ! Elle
t’a soigné ! Bon et alors ?
-Toi, évidemment, tu gâches tout avec ta précipitation. Elle m’a soigné, oui, avec une telle gentillesse, une telle douceur ! Le concert a repris, c’était magique. Bénédicte ne me quittait pas des yeux, j’aurais presque pu croire qu’elle chantait juste pour moi…
-Oh ! Ne rêve
pas, mon gars ! C’est un truc de chanteur, ça, de fixer un visage dans la
salle et …
-Non ! Pierrot,
non ! Moi je sais que ce n’est pas un truc.
-Tu te berces
d’illusion, mon pote ! Dure sera la chute ! Allez, viens, on va
prendre un verre.
-Alors tu ne veux pas
savoir la suite de mon histoire ?
-Ah ! Parce
qu’il y a une suite ? Quoi ? Les urgences ? Georges
Clooney ?
-Arrête ! Tu
n’es pas drôle ! Evidement, toi, le romantisme… Bien que parfois, je me
demande si ce n’est pas juste une façade…
-Bon, abrège !
-Après le concert, il
se trouve que nous sommes redescendus les derniers, seuls dans la télécabine.
Il y avait dans l’air comme…
-Des vibrations
sexuelles, peut-être ?
-Justement ! Tu
te moques de moi parce que je suis plutôt maladroit avec les filles, mais là,
crois-moi, j’ai assuré. Une fille comme elle, j’en ai rêvé, je n’osais pas y
croire. Quand nos mains se sont touchées…Etincelle, je ne vois pas d’autres
mots, il y a eu entre nous une étincelle. Je l’ai enlacée, embrassée. Bon, pas
trop longtemps à chaque fois, à cause de mon asthme, mais sept fois quand même ! C’était doux, tendre et
en même temps…
-Tu ne vas quand même
pas me dire que tu…que vous…
-Je t’avoue qu’au
début, je n’osais même pas y penser. Elle et moi, le premier soir.
Et pourtant c’est
venu tout naturellement. Comme nous arrivions devant ma chambre, elle a eu un
regard… Un regard ! J’ai tenté le tout pour le tout ! Elle portait
encore sa tenue de scène, longue robe de satin au revers fuchsia. Je l’ai
soulevée dans mes bras, comme une princesse, j’ai poussé
la porte de ma chambre et…
-On y va prendre ce
verre ?
-Oui, oui, on y va.
Et toi, avec Amandine ?
-Laisse tomber, je
cours encore !
18 août 2008
Souvenirs de vacance (s)
Je démarre aujourd'hui une petite série de textes écrits au cours de mes vacances.
Pensées, fiction, un peu de tout, beaucoup de rien...

Qu’est
ce que tu fais Fabeli ?
J’écris.
Je me suis installée au bord du canal. A mes pieds, trois ou quatre pêcheurs
surveillent leurs cannes avec attention. De temps à autre le
« plouf » d’un plomb relancé me fait lever les yeux. Si je suis venue
au bord du canal, c’est pour être tranquille. J’ai décidé d’écrire un peu
chaque jour, avec l’aide d’une consigne ou bien au gré de mon inspiration. Si
je reste sur la terrasse de notre maison de vacances, mon mari et ma fille me
déconcentrent. Toujours une question à poser, une remarque à partager.
Pour
écrire, il me faut être seule. Pas forcément isolée, mais coupée de ma réalité
d’épouse et de mère. Pour écrire je dois être libre de ne pas interrompre la
course du stylo sur le papier.
Pour écrire je dois être libre de suivre le fil
de ma pensée, la mienne, l’intime, tissant sur la toile de l’imaginaire les
mots de mon envie.
Pour écrire, j’ai rendez-vous avec moi-même au pays
tranquille de l’inspiration.

